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Tout d’abord, parcourez ci-dessous, 12 photos d’initiation au monde de la potasse d’Alsace.
a) Bloc de potasse, ou « l’or orange » d’Alsace du sud, au XXème siècle ! (doc fsz) ;
b) Au fond : un mineur particulier concentré sur son travail, c’est (+) Zbigniew Opala, le gardien de but-vedette du club de foot de l’Asca-Wittelsheim dans les années 40 à 60 (doc wlais labowicz) ;
c) Au fond : mineur au marteau-piqueur (doc jean checinski, ou jch) ;
d) Au fond : mineurs et wagonnets (doc rené giovanetti, ou rg) ;
e) Au fond : mineurs et puissante machine d’extraction du minerai (doc jch) ;
f) Au jour : un groupe de mineurs posant en nous adressant sur une pancarte le salut caractéristique de leur corporation, en allemand, ou dialecte alsacien : « Glück auf ! » (fr : « Bonne chance ! » ; la chance était souvent invoquée par les mineurs, car le fond constituait un environnement dans lequel les dangers ne manquaient pas ; les croyants s’en remettaient volontiers à la protection de leur patronne Ste-Barbe) (doc rg) ; en complément de ceci, une note, à la fin de cette série de légendes ;
g) Au jour : un groupe de mineurs prend la pause, et la pose (doc jch) ;
h) Au jour : un chevalement (doc rg) ;
i) Au jour : le journaliste, photographe, vidéaste, (+) Charles Bueb, du périodique d’Entreprise « La gazette des Mines, ensuite rebaptisé « Potasse magazine », donne, sur carte postale en couleurs, une vision idyllique du monde de la potasse d’Alsace, en trois plans : arbre en fleurs printanières, le plus haut chevalement d’Europe en son temps, desservant le « puits Staffelfelden », à la mine Marie-Louise (l’ouvrage a été abattu à la cessation de l’exploitation), et à l’arrière-plan les Vosges, bleues bien sûr, comme leur mythique « ligne bleue des Vosges », bien sûr ! (doc fsz) ;
j) Au jour : carte postale de la cité des MDPA de Wittelsheim-Langenzug, avec la « baraque polonaise » et la chapelle « Don Bosco » (doc Denis Schott, ou dsch) ;
k) Au jour : carte postale de la cité MDPA de Wittelsheim-Amélie II, comportant un mélange de logements d’ouvriers et d’employés (doc dsch) ;
l) Au jour : logements d’ouvriers dans une cité du secteur de Kali-Ste-Thérèse, dont il faut retenir le style architectural caractéristique des maisons (doc jch).
____________________________________________
m) Note, pour compléter f) :
Le 04-03-25, l’ancien délégué-mineur (du syndicat CGT) Maurice Haffner (voir sa notice biographique en section XIV « Le coin des amis » de ce blog) nous commente cette photo comme suit :
« T’es-tu déjà posé la question, pourquoi dans les mines de potasse a été abandonné le Glück auf pour le simple salut ? Alors qu’en Moselle ils l’ont conservé ? De Retz, le patron des mines domaniales (1924-37), y est pour quelque chose, mais pas seulement. N’y a-t-il pas l’effacement légendaire des Alsaciens qui veulent être plus français que les Français ? »
n) Additif : « +5 ». Et, symboliquement, en ce 1er mai, 2025, Fête du Travail (Boutade : si le monde était bien fait, on ne devrait travailler que ce jour-là, vous trouvez pas ?), ci-dessous, en complément de ce commentaire, le même Maurice Haffner, aussi bien ancien adjoint au maire de F68270 Wittenheim, nous offre 5 magnifiques photos en couleurs, pour mieux nous imprégner de ce qu’a été la réalité du fond de la mine vers la fin de l’exploitation du gisement de la potasse d’Alsace (1904-2002); on est si loin, désormais, du cliché « folklorique » du brave petit cheval privé de la lumière du jour dans sa galerie (touchant, presque façon complainte de Paul Fort et Georges Brassens : « tous derrière, et lui devant… ») ! on a ici, fortement mis en évidence, par contraste, le travail, vorace, et inexorable, des engins d’extraction, attentivement assisté par l’ancien homme aux mains nues transformé en homo technologicus, Travail en grand ! en lumineux ! en puissant ! Ces vues illustrent parfaitement ma définitive réponse personnelle en résumé à la question : qu’est-ce que le siècle de la potasse ? c’est l’histoire d’une course éperdue à la production, indissociablement servie par une seconde course, corollaire, tout aussi à fond de train, celle vers la modernisation des moyens de cette production, autrement dit, à la machinisation, qui sort l’industrie de son enfance et la fait accéder à son état adulte ; pour faire une formule, un peu plus contractée : la potasse, près de Mulhouse, au XXème, c’est l’histoire de deux inséparables boulimies, celles de la fin et des moyens, de la profusion par la mécanique. Ce n’est pas bien original, certes, de dire les choses comme cela, mais, quand même, ça rend bien compte des événements, je pense, en particulier à ceux qui sont complètement extérieurs à ce bassin d’emploi, et qui pourraient avoir envie de commencer à découvrir ce qu’il a été, ce que je souhaite évidemment de tout cœur, et avec Maurice Haffner, naturellement.
Et maintenant, du texte.
1) C’est quoi, mémpol ?
Le but des présents « mémoires polonais » ou « mémpol » est d’évoquer, des origines à nos jours, par le texte, l’image et le son, les Polonais du bassin potassique alsacien et de Mulhouse, venus y travailler il y a déjà 100 ans.
2) C’est qui, l’auteur ?
Francis Szulc, ou fsz, est français, descendant de mineurs polonais, professeur retraité, et ancien correspondant de presse locale.
Pour en savoir plus, cliquer ICI
3) C’est quoi, cette image ?
Un vibrant logo pour mémpol
1) Comme toute œuvre assujettie aux « codes » de la communication actuelle, les mémoires polonais « mémpol » se doivent d’être instantanément repérables grâce à un logo, un emblème, qui pourrait même être accompagné de cette devise : « Laissons une trace ! »
2) J’ai de la chance, j’en ai tout juste un, prêt à l’emploi comme tel, qui me convient à merveille, car tout en entraînante circularité et saturé de couleurs réchauffantes ! bien dans la veine, fauviste, expressionniste, par laquelle les arts graphiques de la Pologne d’après-guerre ont eu la cote dans le monde entier. La découverte de ce dessin, il y a plus de trente ans, a été pour moi un vrai coup de foudre, car une preuve, irradiante (entre d’autres), que notre « communauté », même si petite, autant que toute autre, peut, dit avec objectivité, sans démagogie (dont j’ai horreur), se hisser à l’excellence.
3) Il s’agit d’une peinture, dont l’original a été affiché en son temps au foyer du groupe « Tatry » dans la cité minière à Ensisheim. Elle présente une superbe étude du mouvement et de la couleur dans le folklore polonais, qui a été bariolée par Véronique David (Eh oui, elle porte en effet le même nom que le célèbre peintre du sacre de Napoléon ! une piquante coïncidence, sourions !), pendant ses études supérieures d’arts plastiques à l’Université de Strasbourg.
4) Nous utilisons ici une photo de cette réalisation prise, et réussie, non sans mal d’ailleurs, par notre ami Pierre Schiller, le 14 août 1990.
5) Chaque visiteur de notre site voudra bien recevoir cette image, je le lui souhaite, je me le souhaite, comme un signal d’accueil tonique, aux vibrations positives, fraternisantes ; ici, la mémoire, la vôtre, la mienne, se bouge, dansante flamme, quoi ! et elle est un bienfait, pour tous. fsz
6) Rédigé le 20-10-23 ; matériel protégé par le droit d’auteur (loi française du 11 mars 1957.).
4) C’est quoi, le bassin potassique ?
Le bassin potassique est le secteur géographique dans le quel a été extrait, au XXème siècle, le minerai rose-orangé de potasse, essentiellement employé dans l’économie comme fertilisant agricole, aux quatre coins de la planète, … ainsi que comme sel de déneigement, avec ses petits grains beige-brunâtre !
La potasse, et plus exactement le chlorure de potassium, a été découverte à F68310 Wittelsheim en 1904, suite à un sondage de l’industriel Joseph Vogt (1847-1922) sur un terrain de l’entreprenante et persévérante fille du propriétaire de l’usine textile de Bollwiller Amélie Zurcher (1858-1947).
Ce bassin se situe déjà à moins de 10km au nord de Mulhouse, et se compose des 12 communes suivantes, voisines les unes des autres : Berrwiller, Bollwiller, Ensisheim, Feldkirch, Kingersheim, Pulversheim, Richwiller, Ruelisheim, Staffelfelden, Ungersheim, Wittelsheim, Wittenheim .
C’est sur le territoire de ces localités que se trouvent presque tous les 26 puits qui ont été creusés dans le département du 68 Haut-Rhin, par les deux entreprises qui ont exploité le gisement, les Mines domaniales de Potasse d’Alsace, ou MDPA, entreprise publique, et la Société des Mines de Kali-Sainte-Thérèse, ou KST, entreprise privée.
C’est aussi sur le ban de ces villes et villages qu’ont été construites les vastes cités minières destinées à loger le personnel, dont plusieurs ont d’ailleurs la particularité d’être implantées à cheval sur deux communes, comme par exemple Amélie 2 (sur Richwiller-Wittelsheim), Rossalmend (Staffelfelden-Wittelsheim), Fernand-Anna (Kingersheim-Wittenheim).
Entre 1910 et 2002, année de la fin de l’exploitation, avancée de 2 ans en raison d’un incendie dans les déchets dits « ultimes » entreposés au fond, à Joseph-Else, par Stocamine, près de 567 millions de tonnes de sel brut auront été extraites sur une emprise de 20.000 hectares (cf, en partie : inscriptions à l’entrée 1 de Cora-Wittenheim).
5) C’est quoi, Mulhouse ?
Proche à la fois du sud des Vosges, et des frontières suisse et allemande, Mulhouse est une ville seulement rattachée à la France en 1798, industrielle, ouvrière, à la population très cosmopolite, constituée « à la faveur » de toute une série de migrations successives. A cause de ces caractéristiques, elle a été surnommée « le Manchester français », ou « la Ville aux 100 cheminées » (d’usines, bien sûr).
Actuellement, il s’agit d’une ville jeune, environ 40% des Mulhousiens ont en effet moins de 30 ans. Mulhouse est aussi la ville-centre d’une importante communauté de communes, appelée M2A, c’est-à-dire «Mulhouse-Alsace-Agglomération », qui regroupe plus de 400.000 personnes.
6) C’est depuis quand, les Polonais ?
Comme j’ai déjà été amené à le signaler ici ou là sur ce blog,
on peut dire que 2024 est l’année du centenaire des Polonais !
Après un accord entre les gouvernements polonais et français conclu début septembre 1919, très vite, seulement deux mois après la signature du traité de Versailles, on peut constater à la fin de 1924 que les effectifs des travailleurs polonais aux Mines de potasse atteignent les 600 hommes, soit 10 fois plus qu’au début de cette même année. Clairement, l’immigration massive des Polonais a alors bel et bien commencé, et ce à la demande, souvent pressante, des entreprises, qui ont besoin de main-d’œuvre pour augmenter leur production.
7) C’est combien, les Polonais ?
Le nombre des travailleurs polonais ne cesse d’augmenter pendant 7 ans, de 1924 jusqu’en 1930, où il atteint les 3400 mineurs. Après, à cause de la fameuse crise 29, il y en aura moins.
Par un calcul qui reste mystérieux, il a été estimé par le journal des DNA, ou Dernières nouvelles d’Alsace, que le bassin d’emploi de la potasse comptait au début de 1972 quelque 15.000 personnes peu ou prou d’origine polonaise, soit le quart de sa population.
Ce que nous pouvons dire, avec certitude, c’est qu’à Wittelsheim et Wittenheim, en particulier, en 1939 les ouvriers venus de Pologne constituent avec leurs familles presque 40% des habitants. Dans l’une ou l’autre rue de l’une ou l’autre cité minière, on a constaté que les Polonais pouvaient même occuper 60% des logements qui venaient d’être construits.
Mais en même temps, l’immigration polonaise dans le bassin potassique ne représente qu’un cinquantième, environ, de cette même immigration en France, pendant cette même période d’avant-guerre, principalement vers les mines de charbon du Nord-Pas-de-Calais.
8) Fait le dimanche 15-09-24 (jour d’Eloïse, Maxime et Théophile, qui se reconnaîtront, mais pas de Victor, hélas …) par fsz ; matériel protégé par le droit d’auteur (loi française du 11 mars 1957).





