e II – Les Polonais et le Travail

Des souvenirs de gardiens de buts:

« Ringo », and Co…

Des sites « Football d’autrefois » , et « Foot Nostalgie »

Marco, dénicheur de pépites

1) Ci-dessous, c’est la carte postale d’été de mon ami d’enfance à Grassegert Marco, et contributeur déjà bien confirmé à ce site: des photos de Ringo ! Et des souvenirs ! Ringo, ou Pierre Rigoni, un des 13 pros de l’Asca-foot, un des gardiens de but issu de ce qu’on peut appeler l’ « Ecole Opala ».

2) Avec le sourire (que je vois même à travers le téléphone), Marco se plaît à rappeler : « Dès l’entraînement, en pupilles, à l’Asca, on nous demandait d’essayer de marquer des pénalties à Rigoni (qui stoppait tout), dont moi, 5 ans plus jeune que lui ; nous étions encore des « petits », et lui déjà un « grand ». »

Précoce

3) Aujourd’hui, peu, à Wittelsheim, et autour, se souviennent encore de Rigoni. Il faut dire qu’il a quitté l’Asca de son adolescence tôt, ce talent précoce et éclatant dès 18 ans il était pris au FC Rouen ; et il n’est pas revenu au club de ses débuts depuis, contrairement à ses pareils Rust ou Hagenbach, par exemple.

4) Et pourtant ! Que cet oublié m’a ébloui ! Et tant d’autres comme moi, de tous âges ! Opala, le mentor des butiers locaux, semblait tenir là un successeur peut-être encore plus brillant que lui, en 66, quand il a décidé de cesser de garder le but de l’équipe première ; et pan, au même moment on annonce que Ringo passe pro ! De l’autre côté de la France, en Normandie, en terre de Débarquement, dans la Ville même où a été brûlée Jeanne d’Arc, vous vous figurez !

Spectaculaire !

5) Combien d’heures, son cadet de 7 ans, j’ai passées, par tous les temps, les mardi et jeudis, de 17 à 19h, à regarder Ringo s’entraîner, derrière ses filets (ceux du but du « petit terrain », le plus proche des vestiaires), il se déployait à quelque 3 mètres à peine devant moi, « déployait » est vraiment le mot car il était si aérien, par la détente, le saut, le plongeon, en position incroyablement horizontale jusqu’à 2 m du sol, totalement engagé, corps et âme, pour stopper le moindre menaçant ballon, comme si sa vie même en dépendait ! Quelle élégance, quelle classe, quelle race ! Ah ! ça, i’m’en a foutu tout l’temps plein les yeux, ce jeune dieu du stade d’irrésitible allure! Je n’ai jamais revu un maintien, une gestuelle pareils, même dans un genre voisin chez le Georges Carnus de l’équipe de France A (1963-73).

Fiche-profil

6) Pierre Rigoni, né à F68310 Wittelsheim le 13-07-48, français, mesurait 1,78m et pesait quelque 70 kg, à 18 ans, lorsqu’il a quitté son club d’origine. Il est sélectionné en équipe de France espoirs. Comme gardien de but professionnel senior, il a alors servi jusqu’à ses 29 ans successivement trois importantes formations françaises, le FC Rouen (de 66 à 70), les Girondins de Bordeaux (de 70 à 74), et l’US Toulouse (de 74 à 77), en Division 2. Il continue ensuite en amateur, au niveau de la Division d’Honneur, dans le département de Seine-Maritime, dans l’arrondissement de Rouen, à Pavilly, localité de l’ordre de 6000 habitants.

Hauts et bas

7) Comme tout un chacun, Rigoni a eu des hauts et des bas dans son parcours de sportif d’élite. Parmi les bas, le fait d’avoir été relégué à la place de gardien-remplaçant des Girondins après avoir été leur titulaire quatre saisons de suite. Parmi les hauts, son match d’anthologie contre les Anglais d’Arsenal (sud-est de Londres), en 69-70, dans le cadre de la Coupe des Villes de Foires ; il perd, mais il impressionne tellement qu’un journaliste titre : « Arsenal : 1 ; Rigoni : 0 » : comme s’il n’y avait eu que lui de son équipe sur le terrain ! Et, après une telle partie, il a même été sérieusement question qu’Arsenal recrute Rigoni, carrément!

Opala, Blackpool, et Manchester

8) C’est curieux, ce n’est pas la première fois que des Anglais s’entichent d’un goal estampillé « Asca Wittelsheim » ! Déjà en 1954-55, Opala, le mentor de Rigoni, avait repoussé les attaques du FC Blackpool (alors en 2ème Division anglaise) avec un brio tel que, selon la légende pour petits enfants, les visiteurs d’Outre-Manche ont voulu ramener chez eux le mineur de potasse d’Alsace de force, par avion, pour que dorénavant ce soit leurs caisses à eux qu’il défende. Blackpool, de l’ordre de 140.000 habitants, au nord-ouest de l’Angleterre, est bordée par la mer d’Irlande. Le club connaît son heure de gloire en 1953, en remportant la Coupe d’Angleterre, grâce à son plus glorieux joueur, Stanley Matthews, un phénomène anobli par la reine, et le 1er Ballon d’or de France Football, pour le meilleur joueur européen, en 1956. Plus sérieusement, et je le tiens de (+) la femme même d’Opala, témoin de la scène, ce dernier a été contacté, avec une valise pleine de billets, comme dans les films, pour signer avec un des deux gros clubs de Manchester (on ne sait plus trop si c’était City, ou United). De nouveau, selon la légende, dorée, Opala, qui, convaincu par le président général de l’Asca Hardy père, ne voulait pas quitter son club d’origine, serait allé se cacher dans la forêt voisine, pour ne pas rencontrer les émissaires, même pleins aux as, de la perfide Albion.

Hommage à « Pierre le Magnifique »

9) Revenons à Pierre. « Un grand Monsieur », c’est ainsi que le site « Foot Nostalgie » résume le footballeur Rigoni, et je cite en outre : « excellent gardien, doté de réflexes étonnants, très sûr, d’une grande humilité », « Ultime et talentueux rempart, super gardien, magnifique ».

Rust, Hagenbach, … et Bats

10) Cerise sur le gâteau, Marco a aussi déniché sur « Football d’autrefois » une autre photo d’un bel intérêt pour les supporters de l’Asca ; au FC Sochaux 79-80, l’équipe se présente avec Albert Rust (né en 1953) et Jean-Claude Hagenbach (né en 1959), deux autres gardiens formés par Opala à Wittelsheim et devenus pros. Pour rester corrects, et bien qu’il n’ait aucun lien avec l’Asca, mentionnons la présence sur le cliché d’un troisième gardien du club, Joël Bats (né en 1957), qui, entre 83 et 89, a quand même totalisé une cinquantaine de sélections comme international ! On ne peut passer sous silence un homme pareil.

11) Illustrations.

– a) En sommaire, colorisé par son fan extrême Henri Malecki, Opala, portier d’une sélection alsacienne, acrobatique dans ses œuvres, contre Blackpool, en remplacement de son concurrent Jeannot Wettstein, au stade FCM de Bourtzwiller.

– b) Onze photos de Pierre Rigoni, soit un buste, suivi de dix portraits en pied sur photos d’équipes.

– c) Le FC Sochaux, avec, tous trois debout, ses trois gardiens de but, Rust (1er à p gauche), Hagenbach (5ème à p gauche)… et Bats (3ème à p droite).

12) Fait le 23-08-26 par fsz ; matériel protégé par le droit d’auteur (loi française du 11 mars 1957).

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