Un nouveau CAHIER des mémoires
Introduction, et illustrations, légendées
par fsz site polonais-et-potasse.com
Petite pré-Introduction. Charité bien ordonnée commence toujours par soi, le diction est bien connu ; conséquence ? pour parler de la famille, chez les Polonais de la potasse, le mieux, me semble-t-il, est que je commence par parler de la mienne, enfin de son « importante » et « imposante » composante paternelle. La famille, dite cellule de base de la société, est un sujet capital, surtout chez les catholiques, donc chez les Polonais ; sujet de si grande conséquence qu’il a arraché à notre Nobel (un peu particulier) français de littérature André Gide en quête de liberté, et donc de libération, son fameux cri : « Familles, je vous hais ! » Moi, j’en suis pas là, il s’en faut : mais quand même il faut bien reconnaître que le sujet-famille, la plupart du temps chez les gens, est délicat, compliqué, épineux… Bon, je tente quand même le coup, ayant la faiblesse de penser que, pour un mémorialiste, il vaut mieux dire que de ne pas dire… Sinon à quoi bon ?
1’) Pour notre sommaire, photo n° 1’ (l’apostrophe indiquera toujours qu’il s’agit d’une illustration, légendée, et non d’un paragraphe du texte principal.),nature, révélatrice, et à ce titre sympathique, et même attachante : lors d’un « pot de l’amitié » à la salle polyvalente de Pulversheim, avec trois belles sœurs « vétéranes », et figures relevées de la « saga-szulc », de g à d : Marthe Malyszka, Irène, veuve d’Etienne Szulc jr mon père, et Odile, notre choriste-diva, veuve de Joseph Szulc « l’Anglais ».
La 1ère génération, les grands-parents
n°2’) Allez, c’est parti, sur la première génération immigrée, celle des grands-parents, qu’on trouve ici en 1929, un an seulement après leur arrivée à Bollwiller ; le grand-père, debout, au milieu, grand comme un général De Gaulle ; la grand-mère assise avec le bébé blanc sur les genoux, qui doit être Marthe, l’avant-dernière de la fratrie de la seconde génération.
3’) Debout, le grand-père à droite, toujours d’aussi haute stature, avec à gauche, son gendre François Jankowiak, l’homme venu du Nord ; assise, à droite, la grand-mère, avec à sa gauche sa fille Jeanne, épouse Jankowiak.
4’) Vers 1965, le grand-père, au milieu de la photo, très-très lui-même-patriarche, avec la grand-mère à droite.
5’) Les grands-parents déjà retirés à Pulversheim rue de la forêt pour leur retraite, dans une maisonnette préfabriquée de plain-pied ; à gauche, Jeanne ; tout à droite Marthe, qui cache en partie son mari Marjan Malyszka ; une curiosité, comme une construction dite en « abyme » chère aux littéraires, les deux mêmes se retrouvent en réduction en haut à gauche sur leur photo, d’ailleurs très belle, de mariage.
6’) L’article de mon cher cousin Alfred Kaluzinski, dans « L’Alsace » du mardi 21-01-75, sur les 80 ans de la grand-mère, veuve depuis avril 1969.
7’) Un autre article du même « Fred-Fredula », forcément répétitif, la plupart des données de base ne changeant pas, d’un anniversaire à l’autre, dans LA du vendredi 01-02-80, pour les 85 ans de la grand-mère.
8’) La grand-mère de 85 ans, dans sa cuisine, trinque avec le maire de Pulversheim Pierre Meyer : la famille a eu avec lui de si bonnes relations ! que nous le regrettons ! homme discret plein de qualités qui a assumé de succéder à l’écrasant Georges Bourgeois, grand cumulard de mandats électifs locaux, départementaux, régionaux, nationaux, que le souffle me manque pour les dire.
La 2ème génération : Sophie, épouse Kaluzinski
9’) Entamons maintenant l’évocation de la 2ème génération, avec Sophie, l’aînée de la fratrie des 7 Szulc ; elle avait des principes et de l’autorité, et la fibre associative polonaise chevillée au corps, ainsi qu’un exemplaire esprit de famille.
10’) Le mari de Sophie, le débonnaire Joseph, dit « wuja-szwagier », alors donc savoir pourquoi, ou « tonton-beau-frère », la bizarreie des surnoms, parfois, que voulez-vous.
11’) Les parents « Kalu » (encore un surnom, en diminutif), et leurs 3 fils, vers 1952 ; Richhard, l’aîné, de la 3ème génération donc, né en 1939, sera le dernier mineur de fond de la famille, toute une fin d’une énorme époque.
12’) Les mêmes en 1953, quelles belles photos de studios on réalisait alors ! avec Richard Kalu en communiant, avec son brassard distinctif.
13’) Joseph et Sophie Kalu, retraités à leur tour, magnifiques ! les deux premiers du second rang, à partir de la gauche, en 65-66.
14’) Photo de famille, lors de la visite à domicile de la municipalité, à l’occasion des noces d’or du couple, en 1981.
15’) L’article correspondant de ces noces d’or dans « L’Alsace » des vendredi-samedi 1er-2 janvier 1982, pour bien compléter la photo 14’).
16’) Photo de famille pour les 90 ans de Joseph Kalu, en 1991.
17’) Peu après, nécrologie de Joseph Kalu, dans les DNA du 22-05-91.
La 2ème génération : Joseph, et son épouse Odile
18’) En uniforme, Joseph Szulc incorporé en 1939 dans l’armée polonaise en France, ensuite replié avec elle en Angleterre pendant toute l’Occupation allemande ; homme de rang, il obtiendra le grade de caporal-chef (comme moi, malgré moi).
19’) Odile, jeune épouse de Joseph, expressive.
20’) Le jeune couple ; à remarquer : Odile porte un lainage typique de la mode des années 40.
21’) Joseph, c’est inattendu, en président de la chorale « Le rossignol forestier », lisant une allocution ; mais il quittera bien vite ses fonctions, car parler en public c’était pas son truc, il avait trop le trac.
22’) Joseph avec à sa gauche son frère Etienne jr, et à sa droite sa belle-sœur Irène, au réveillon du 31-12-1965, à la salle des fêtes de la cité Grassegert, à Wittelsheim.
23’) La photo en 22’, dédicacée par Odile: « Souvenir d’une certaine soirée de la St-Sylvestre. » ; etc.
24’) Les Liberda, amis de Joseph et Odile, devant leur logement dit « d’employé » de la cité minière de Feldkirch ; une relation sociale considérée comme valorisante pour des ouvriers ; Odile a aussi fait cas d’avoir un neveu médecin, le docteur Henri Maczka (fr : dire « Masska »), à Bollwiller, le premier Polonais dans cette profession dans le Bassin potassique.
25’) Groupe de mineurs sur le carreau Rodolphe ; Joseph en bleu de travail et béret, le 2ème à partir de la gauche.
26’) Je suis en treillis entre mon oncle (qui porte je ne sais quelle décoration au revers de son manteau) et ma tante, le 11-11-79 à la mairie de Pulversheim, à l’occasion d’une prise d’armes de l’Armistice de 1918 par mon Corps , le CM4 de Mulhouse (ou Centre mobilisateur de la caserne Lefèbvre, rue Vauban). Les deux personnes à gauche sont de grands amis de la famille, Marthe (née Prus, de Grassegert, choriste au « Rossignol ») et Wawrzyk Walczyk (diminitif de Wawrzyniec, fr : « Laurent »).
27’) A l’occasion d’un vin d’honneur dans la salle de réception de l’église St-Jean de Pulversheim, Joseph, dit « Youra », entre deux de ses neveux, les deux qui s’intéressent le plus à l’histoire de la communauté polonaise du Bassin potassique, les deux correspondants de presse locale, les deux conseillers municipaux, Fred à gauche, et un fumeur invétéré à droite, devinez qui.
28’) Le couple à l’occasion de ses noces d’or, dans son jardin, 10 rue Pierre Curie, dans la cité minière de Pulversheim (photo AK, alias Fred).
29’) Noces d’or : l’article d’Alfred dans « L’Alsace » du dimanche 25 mars 1990.
30’) Avis de décès de Joseph, peu après ses noces d’or, dans LA du dimanche 09-09-90.
31’) Nécrologie de Joseph, dans LA du jeudi 20-09-90.
32’) Remerciements de la veuve, suite aux obsèques, dans LA du samedi 15-09-90.
33’) Avis de décès d’Odile (janvier 2009).
34’) Nécrologie d’Odile (janvier 2009).
La 2ème génération : Etienne jr, et son épouse Irène
35’) Photo de 1941 de jeunes de la Potasse d’Alsace obligés de travailler en Allemagne pendant la guerre, prise par Joseph Szabelski, plus tard président associatif à Bollwiller (il figure sur ce site dans vidéo 2005 « Polonais remarquables » à l’Ecomusée d’Ungersheim) ; Etienne junior (jr), né en 22 a donc 19 ans ; de g à d, il est le second, en chemine blanche à col ouvert, dans le 1er rang des gars debout.
36’) Etienne jr à 20 ans en 42, « un vrai Szulc » (sic), c’est-à-dire, aux dires de certaines dames qui se souviennent de lui jeune, « grand (1,85m), large, et beau » : bon, à vous de voir ; et déjà opéré une première fois de l’estomac ; une seconde opération suivra, en Allemagne aussi, quand elle aura déjà conscience que la guerre sera pour elle très bientôt perdue : Etienne une carrure, comme son père l’autre Etienne, mais aussi des fragilités de santé insoupçonnées.
37’) Mariage d’Etienne jr et d’Irène, née Wejder, en octobre 1945.
38’) La messe des noces a eu lieu dans la chapelle provisoire, guerre oblige, implantée au garage central des Mines, à Amélie 2 ; le cortège nuptial est passé par la forêt depuis Grassegert ; ma mère a tant de fois radoté : « Je n’ai pas eu de chance avec mon ménage, je n’aurais pas dû me marier un vendredi 13. »
39’) Mai 54, Etienne jr, en costume noir, dans un cortège patriotique en l’honneur des anciens combattants polonais de Wittelsheim qui arrive à la salle des fêtes de Grassegert ; derrière les scouts de Bollwiller et devant le maire Jules Ebner, le corpulent avec grand chapeau, il porte le drapeau de l’association des mineurs catholiques polonais Ste-Barbe de la cité Graffenwald. A la mine, il travaillait avec le président de cette organisation, Jean Barys, qui l’a convaincu d’accepter ce rôle ; Etienne jr s’entendait très bien aussi avec Madame Barys, très maternante : quand il se disputait avec ma mère, il sautait sur son vélo pour aller pleurer dans le gilet de la matriarche (Il pleurait si facilement…) qu’il avait « une mauvaise femme » (sic).
40’) Juillet 56, à la kilbe de Wittelsheim, j’ai 1 an, vous remarquez l’extraordinaire carrosserie, façon « belle américaine », de mon landau ; ah, en outre, l’imperméable de ma mère, quelque chose comme beige sable, en tissu dit gabardine ou tricotine, très chicos à l’époque.
41’) Etienne et Irène, toujours à la kilbe, en tenues assorties, costume et tailleur noir sur mesure cousus par un voisin, Bolek Swidlikiewicz, en tissu de laine haut de gamme dit « grain de poudre ». On se fringuait ! Ma mère grimace légèrement, mon père a sa vraie tête, celle de celui qui a un verre en trop, et qui a souvent le vin méchant, de la méchanceté des sans caractère.
42’) Le jour du mariage religieux de la tante Edwige, sœur cadette de ma mère, le samedi 29-04-62, la photo de famille a été faite au sortir de l’église St-Michel de Wittelsheim-Centre, à deux pas, au studio Wassmer, qui avait tout le patelin pour client.
43’) 20 rue Madame Curie, mes parents avec notre voisine, née Grenda (sa mère, avec qui elle était en froid, a été la cuisinière du curé Bieszczad, au 8 rue Sobieski de la cité), épouse Matlaszewski, du n° 21, et tout à gauche son fils Jean-Pierre, né en 55 comme moi, abréviation moqueuse en français : « matelas », ou en alsacien, « Matla », au sens de « champ » (faucher un champ) et avec qui je vais à l’école, et je joue, de tous les jeux de gosses.
44’) 20 rue Mme Curie, le fleurissement du jardin ; ah ! la jardinomania ouvrière organisée et stimulée par l’Entreprise, tout un poème ! ma mère s’est tuée au boulot ! Au fond, le logement n°16, où ma sœur et moi sommes nés, dans la même petite chambre verte du rez-de-chaussée, normalement meublée en salle à manger.
45’) Les parents bien installés dans la quarantaine, le père officiellement « en bonne santé », et ma mère déjà opérée de la vésicule biliaire, comme pas mal de femmes du quartier ; celles qui sont inopérables, meurent, jeunes, de jaunisse, des cadavres comme des coings, la grand-mère Krason par exemple, du 8 rue Poniatowski.
46’) Irène, veuve depuis septembre 73, en bleu ici inhabituellement détendue et enjouée lors de la prise de photos ; le cliché est pris par le studio René de Wintzenheim, au printemps 85.
47’) Notre tombe familiale à l’entrée du cimetière n°3 de Wittelsheim, 1ère rangée à droite, places 1 à 4 ; mon père a été le premier enterré du lieu, le mercredi 26-09-73, sa croix provisoire bien plantée toute seule, pendant plusieurs jours, avant que la grand-mère Swidlikiewicz, de Rossalmend, mère du très bon tailleur Bolek, qui a néanmoins délaissé son métier pour celui de mineur,qui payait mieux, ne vienne lui tenir une éternelle compagnie.
48’) Les inscriptions en lettres de bronze sur la stèle du monument funéraire gris et rose : famille Szulc, Wejder, Seité, sous le Christ qui a été mis pour cacher « un défaut » dans la pierre du Tarn soldée à ma mère par le marbrier de Cernay. Pour l’instant nous avons en cet endroit cinq défunts ; à l’extrême gauche, mon père en 73 puis ma mère 34 ans plus tard, fin 2007 ; au moyen gauche, mon beau-frère Jacques Seité, époux de ma sœur Henriette, fin janvier 2002 ; à l’extrême-droit, ma grand-mère maternelle Victoria, en décembre 83 ; au moyen droit mon grand-père maternel Félix, inhumé le 20-05-88. Ma mère avait prévu les places des grands-parents pour ultérieurement sa sœur Edwige, épouse Christian Blion et leurs trois fils, qui ont préféré aller occuper, à proximité, le casier cinéraire n°65 ; qu’ils reposent tous en paix ; la concession sera à renouveler en mairie en septembre 2033. ; qui sera encore là pour le faire, le fera-t-on ?
La 2ème génération : Jeanne, épouse Jankowiak
49’) Deux sœurs : à gauche Jeanne, la seconde des trois filles Szulc, et à droite Marthe la troisième ; quand Joseph leur frère est renté de la guerre, après cinq ans d’armée, il est tombé sur Marthe, qu’il a prise pour Jeanne, comme la mémoire peut jouer des tours…
50’) Fin des années 50, deux beaux-frères au vert: assis, Joseph, debout François Jankowiak, mon parrain ; et surtout n’oublions pas la 203 noire du premier, preuve qu’on ne bossait pas à l’œil aux Potasses, mais que le niveau de vie ouvrier progressait ; François, mineur de houille, est mort bien trop jeune, de maladie professionnelle ; il a été exhumé, pour établir post mortem un diagnostic de silicose, nécessaire si on voulait espérer améliorer la maigre pension de veuve de la tante Jeanne.
51’) Le logement de service retapé des Jankowiak dans le département du Nord, à Dechy, près de Douai, avec les murs en briques apparentes typiques des corons du charbon français, et pas seulement français d’ailleurs, mais aussi anglais.
52’) Jeanne avec à sa gauche sa fille aînée Irène, l’accidentée.
La 2ème génération : Edouard senior, et son épouse « Marie »
53’) Mariage d’Edouard senior (par opposition à son fils aîné, Edouard junior) avec Marianne, dite « Marie », de la cité Rossalmend, en 49 ; à gauche, le petit frère de l’épousée, Casimir Cyferkowski, qui sera tué au fond, à la mine Marie-Louise, à Staffelfelden, en 1967, à seulement 37 ans, en présence d’Armand Lehmann, futur maire de Bollwiller, on ne peut donc mieux placé pour relater le tragique accident, qui promet de le faire, et ensuite, pris au mot, se débine…
54’) Le même mariage : le couple seul.
La 2ème génération : Marthe, épouse Malyszka
55’) Le second couple marié en 49, chez les Szulc : Marthe, la 3ème et dernière fille, et avant-dernière de la fratrie de 7 enfants, qui devient Madame Marjan, ou Marian, Malyszka.
56’) Photo de famille (par le studio Schwaller, de Soultz) à l’occasion de la noce de Marthe et Marjan Malyszka ; tout le monde est sur son 31, elle est éblouissante, cette classe ouvrière polonaise dans ses solennités familiales, bravo !
La 2ème génération : Marjan, et son épouse
57’) Mariage de Marjan, le benjamin de la fratrie Szulc, avec Madame Vve Zwiller, qui ne peut donc pas porter du blanc puisque c’est son second mariage.
58’) La photo de famille du même mariage, prise rue des Mines, à Wittenheim, dans l’arrière-cour de la boulangerie du n° 128, par le Studio Fernand, de la même localité ; une merveille, dans le genre, aussi, comme celle des Malyszka ! Plus tard, à côté, l’épicerie Wersinger du n° 130 deviendra le siège de l’association humanitaire « Amitié franco-polonaise ».
59’) Dans « L’Alsace » du vendredi 6 janvier 1961, le compte-rendu de l’accident de circulation qui a coûté la vie à Marjan Szulc, à seulement 27 ans.
Dans la 3ème génération : Richard Szulc, le champion de pétanque
60’) Conçu dans l’euphorie générale consécutive à la capitulation allemande de 45, voici le petit dieu Richard Szulc (à ne pas confondre avec son cousin Richard Kaluzinski), que cette photo immortalise à elle seule déjà glorieusement en raison de son bonnet angora, aux oreilles de chat(on), et qui semble avoir une précoce envie de lire.
61’) Il semble se confirmer que Richard (du n°13 de la rue), assis à gauche de sa voisine (du n°19, dernier logement de la « maison à 4 »), en pleine rue Poniatowski, Marie-Jeanne Skowron (sa mère, copine, tout particulièrement de tricot, à la main puis à la machine, de la nôtre, s’’appelait Jeanne), Richard donc, on y arrive, serait ami des chats ; en arrière-plan, à gauche, on remarque la maison à 4 du 13 au 19, et que les palissades des jardins malmenées par la guerre n’ont pas encore été reconstruites.
62’) Combien je me déguste les détails de cette photo de la messe de communion solennelle de Richard, le second en partant de la gauche, avec (+)« Tintin » Klarzynski, le premier, (+) Raymond Jaworski, le troisième, et Jacek Jedrzejowski, le quatrième, qui s’est rebaptisé Dreski, à cause de son nom trop compliqué, à lire et écrire, pour l’usager français moyen autocentré s’entend. Mon grand-père Etienne à lunettes domine la situation de la tête et des épaules, conformément à ce qu’on a surtout retenu de lui, sa haute stature ; ensuite, les plus grands dans l’assistance par leur teille physique sont deux de ses fils !, en l’occurrence Edouard senior, et mon père Etienne junior ; à Pâques 1960, quelle vue singulière et caractéristique de la famille Szulc dans cette humble chapelle St Jean Bosco de Wittelsheim-Langenzug, où j’ai moi-même été baptisé, sur des fonts qui ont disparu avec la rénovation de ce lieu de culte à l’automne 73 ; quand on a enterré mon père, le mercredi 26-09, avec l’accord du curé « français » Raymond Welsch, avec qui je m’entendait bien, le verni des bancs n’était pas encore complètement sec.
63’) Richard Szulc à peine à l’âge du collège, avec déjà ses yeux bleux si clairs qui resteront impérissables dans la mémoire de nombre de filles.
64’) Les années collège-lycée Lambert de Mulhouse (dans une classe d’âge, seule une petite minorité y était envoyée) ; notre Richard nippé-sapé comme un prince d’Angleterre, dans la tendance cent pour cent élite-Oxford-Cambridge : ah, pour les hommes l’élégances des rosbifs, vous m’en direz tant…
65’) Conscrit, et donc déjà jeune adulte ; à gauche deux frères Schurder, du n°3 rue Poniatowski, « Dany » accroupi derrière lui debout son aîné « Pepito » ; debout à droite (+) Eberhart Kritter (avec t ou d, ou les deux ?) de la rue Stanislas, à droite acroupi son nom m’échappe, venant d’Amélie II.
66’) Dans « L’Alsace » du 02-01-64, le compte-rendu du matche de CFA- Groupe Est-Division 3, Asca-Ass, où le jeune Szulc de 18 ans semblera à n’importe qui de normalement conformé un atout d’avenir pour le club ; or on ne l’a plus fait jouer en équipe première ; pourquoi ? Faut-il craindre que la composition de l’équipe n’était pas toujours arrêtée d’abord en fonction de la valeur sportive des joueurs retenus ?
67’) Richard (le premier debout à droite en tenue) est allé jouer au foot (avec succès, voyez la grosse coupe) en corporatif dans son club d’Entreprise de Peugeot-Mulhouse ; j’en connais un autre de Grassegert et de l’Asca, que Richard a d’ailleurs embauché, et qui a fait pareil, belle figure en corpo, mon pote, encore pour ces mémoires « mémpol », Marco Zemb.
68’) Mais c’est dans la pétanque que le frangin est, de loin, allé le plus haut, qu’il a le plus brillé, par son adresse peu commune ; champion de France corpo en 72, svp ! comme l’atteste cette coupure de presse du 24-07.
69’) Richard de nouveau victorieux, le premier accroupi à droite, « aux boules » comme on disait, posant avec ses copains proches, et coéquipiers ; c’est la photo qui me crispe toujours, car elle rappelle combien la pétanque était envahie de « pastaga » par de généreux sponsors, bien sûr, vendeurs d’alcool, et dont on pouvait penser qu’ils poussaient de fait, objectivement, à la consommation… Heureusement, tout le monde ne succombait pas à la tentation… Mais trop quand même…
70’) Stylé, le mec, si on vous dit ! et qui fait mouche, sans pitié !
71’) Je n’ai jamais vu à aucun joueur de pétanque une gestuelle, concentrée, étudiée, sophistiquée, comme celle de Richard ; mais ce n’était pas du chiquet, cela lui permettait de produire « carreaux, palais », et tutti quanti à gogo : une machine à dégommer !
72’) Richard, avec son binôme Gérard Cecere, Rital comme pas deux, des « chalandonnettes » (= dues au ministre Albin Chalandon) de Wittenheim, le mécano à l’aise Blaise qui m’a monté ma première bagnole en juin 77, une « Citron » Ami6 break, une chiotte extra ! avec laquelle on aura tout fait, même si elle était rouillée et « bouffait ») (pardon, impropre : « buvait ») de l’huile ; même s’il fallait tout le temps la bricoler et rebricoler, pour une guinde d’apprenti y-avait pas mieux ! Chacun a cramé un moteur, mon frère, puis ma sœur, puis pour finir, moi, et hop, cimetière des tutures, requiem.
Dans la 3ème génération : Alfred Kaluzinski, le chevalier de la Légion d’honneur
73’) Le discret et retenu Alfred assailli par l’affection de la sœur de son pote le footeux-facétieux Georges Szymanski ; longtemps elle a été la serveuse-pilier du réputé restaurant Niemerich, en face de la mairie de Pul ; une photo où, en somme, on fend l’armure.
74’) Alfred et son épouse Monique entourés par leurs 4 filles, un vrai concours de sourires ! Tout à gauche, Aline, la cadette, qui vient de succéder à son père au Conseil municipal, et Anne-Sophie, la benjamine, qui a en partie hérité du redoutable prénom de sa grand-mère paternelle. A droite, l’aînée, blonde, Myriam, et Estelle la brune, « qui compte pas pour des prunes » dixit le tube de Lio). Pour être un peu plus sérieux, Fred a eu de la chance avec ses filles, toujours soudées pour l’épauler dans la continuation des traditions polonaises, en particulier la commémoration annuelle de la Constitution du 3 mai, fête nationale.
75’) Alfred en adjoint au maire avec écharpe tricolore, sous le patronage des portraits de nos présidents de la République, en train de célébrer un mariage civil.
76’) Dans « L’Alsace » su 24-07-15, éloge de Fred en nouveau Chevalier de la Légion d’Honneur.
77’) Dans les « DNA » du 28-07-15, re-éloge du nouveau promu ; les deux articles ne se doublonnent pas, mais se complètent.
78’) Fred rend visite à un Polonais qui n’est pas tout à fait un inconnu… Vous avez son nom sur la langue ? Il commence par un W… Je ne me souviens plus, pardon, de ce que le ballon vient faire dans cette histoire, un simple prétexte bien sûr…
79’) La réponse du berger à la bergère, si l’on veut : la Pologne à son tour a décoré notre Alfred (« L’Alsace » du 14-12-17) ; honnêtement, on aurait pu récompenser bien plus tôt son très réel dévouement culturel et civique, constant pendant plusieurs décennies !
Dans la 3ème génération : Edouard junior,
une salle de cinéma à son nom !
80’) Sur l’escalier d’entrée de l’ancienne église St Etienne de Pul(versheim), maintenant affectée au culte orthodoxe roumain sous l’égide nouvelle de Sts Côme et Damien ; on doit être au printemps 57 ; Edouard jr, en veste gris clair, devant le prêtre polonais, fait sa communion privée, dite aussi petite communion.
81’) Les garçons du groupe folklorique polonais « L’Aigle blanc », devant « la baraque polonaise » de Wittelsheim-Langenzug, en costume de la région de Lowicz ; Edouard Szulc junior, à 11 ans, nous sommes en 1961, est le 4ème en partant de la droite ; je ne sais s’il a été danseur, mais il jouait de la clarinette. Cette photo a déjà paru en 2ème de couv(erture) dans notre cahier n°1 sur le folklore polonais dans le secteur, disponible sur ce site.
82’) Le décès très prématuré, de maladie, d’Edouard junior, fin octobre 94, a suscité tant d’émotion parmi ses suiveurs cinéphiles que la grande salle de « L’Odyssée », à Strasbourg (près de la place Kléber), lui a été dédiée, salle considérée comme la 29ème plus belle salle de ciné du monde, en mars 21, par le magazine culturel anglais « Time out ». Nous reprenons, en 2 pages, la présentation que l’Odyssée faisait d’elle-même sur internet pour rappeler qu’il s’est agi de 92 à 23 d’une institution culturelle strasbourgeoise de premier plan, vivante et attirante ; et disons-le sans tourner autour du pot, cette adresse a été le carrefour officieux et objectif, je m’en souviens bien, de la gauche bobo strasbourgeoise, en le disant certains visages connus me repassent devant les yeux ; enfin, nous ajoutons un article de « L’Ami-hebdo » qui annonce pour mai 23 le passage de relais entre l’Odyssée et Cosmos, qui anime le cinéma dorénavant; eh oui, tout est périssable, même l’Odyssée…
Dans la 3ème génération : Henriette,
espoir au basket
83’) Au début était le 16 rue Madame Curie (en arrière-plan un bout du n°15, devenu très important pour notre famille quelques années plus tard), où nous sommes nés, dans la petite chambre verte, normalement salle à manger, du rez-de-chaussée ; pas mal, la touche manteau-béret-bottes de Richard, qui pose à côté de sa sœur Henriette; on doit être début 1952, elle ne marche pas encore.
84’) Henriette aux pigeons, franchement dans quelles niaiseries on pouvait embarquer les gosses, pour faire original !
85’) Henriette en colonie de vacances, sur le 2ème lit à gauche ; ah, les colos des Mines, une œuvre sociale énorme ! qui attend maintenant d’être mise en mémoire par un bon doctorant.
86’) La communion solennelle d’Henriette, au 20 rue Curie, à Pâques 65 ; de g à droite, au 1er rang : Etienne senior, Marthe, la communiante en aube blanche, le cousin Georges, et Etienne junior ; derrière Georges, Odile ; derrière Odile, Edouard Kaluzinski ; etc.
87’) 2ème photo d’Henriette communiante ; au second plan bibi, votre serviteur, bientôt dix ans ; remarquez mon pull tricoté à la main par notre mère : Irène, un as des aiguilles, du crochet, et de la broderie ; elle était réputée, pour ça, dans la cité, et au-delà.
88’) Henriette, la 1ère à gauche, avec sa carrure, et son 1,72m, dans sa période Asca-basket ; il lui manquait 3 cm pour prétendre au poste de pivot en équipe de France junior ; il a été question de lui faire subir des séances d’élongation ; heureusement, cela ne s’est pas fait, on ne lui a pas foutu la colonne en l’air ; l’équipe locale est dirigée par Jean-Paul Zimmermann ; la plupart des joueuses sont résidentes de la cité Grassegert, ou bien y ont au moins de la famille, comme les grands-parents Strach de Palka (doc Danielle Kozielski, épouse Jean-Pierre Wentzel).
89’) 2ème photo de la période Asca-basket : l’équipe sans son entraîneur, comme des grandes ; Henriette, de nouveau la 1ère en haut à gauche, toujours avec taille et carrure (et Danielle la première accroupie à droite) ; les autres : on a Sylvia Demarest, Clarisse Palka, Michèle Sroczynski, Geneviève Zawadzinski ; elles sont toutes célibataires, bien sûr ; ça nous fait 2 filles de la rue Curie, 3 de la rue des Vosges, une de la rue Copernic.
90’) Henriette dans sa période jeune secrétaire à la Direction générale des Mines, avenue d’Altkirch, à Mulhouse ; tourisme en Italie avec sa supérieure et amie (+) Suzanne Prestat, qui prend la photo.
Dans la 3ème génération, pour finir cette sélection, bibi, le présent mémorialiste
91’) Les photos sur lesquelles on me voit ne manquent pas, ici ou là, on fera mieux, et pour ce qui est du texte de présentation, je repropose ci-dessous, en attendant mieux, ce que j’ai déjà indiqué à l’accueil de ce site, dans « les infos de base » pour y entrer; joyeux merci à vous pour votre aimable curiosité.
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