- La tombe est mieux repérable, - Des indices de mémoire
1) Comme c’est curieux, que j’écrive ce texte sur le curé Lason ce 21 novembre 2025 : en effet, s’il avait vécu, l’intéressé aurait eu aujourd’hui 115 ans !
Dans le genre de Pie XI
2) A son propos un rapprochement m’est venu à l’esprit ce matin : Lason à Wittenheim a été une sorte de Pie XI des Polonais, semblant en effet avoir emprunté au pape Ratti son fort tempérament, son autorité, son énergie. Cela augmente le sourire cordial avec lequel on se souvient de lui !
3) Mais ce n’est pas la raison pour laquelle j’écris.
4) Mais plutôt pour signaler qu’en cette année, qui est en plus l’année cinquantenaire de son décès, sa tombe a été retouchée, pour la rendre plus facile à repérer.
5) La pierre tombale, très noircie par les ans, depuis 1975, a été remarquablement restaurée par notre ami François Kutermak (deux deuils le frappent cette année…), de la section des anciens combattants polonais locaux, dès le « nettoyage de Pâques » de l’an dernier, appelé « Oschtrputz » dans la forte tradition alsacienne. Qu’il soit ici vivement remercié pour cette contribution au bon état du patrimoine polonais local.
6) En complément, pour cette Toussaint, une plaque commémorative verticale, de l’ordre d’un format A4 21X29,7cm, a été placée à la tête de la tombe. Justement, le problème que cette dernière pose, c’est qu’elle n’a pas de « ciel » (par analogie avec « ciel de lit »), et que donc, au passage, le regard n’est retenu par aucune inscription. Ladite plaque a évidemment été éditée aux couleurs polonaises, lettres rouges sur fond blanc. Espérons qu’elle résistera bien aux assauts des intempéries.
4 cadres
7) L’idée qui préside à l’ensemble, en amont, est que les tombes des cadres de la communauté polonaise du bassin potassique doivent pouvoir être visitées facilement, d’autant plus qu’elles sont peu nombreuses. Lesdits cadres, prêtres et instituteurs, ont été gens qui passent, et pas qui restent. Seuls deux prêtres ont leur sépulture localement, Ziolkowski à Pulversheim, et donc Lason à Wittenheim, et seuls deux instituteurs, Lorens, à Kingersheim-nord, et Lidia Kuliberda, dite « Pani », à Ensisheim, dans un casier cinéraire.
8) La mémoire se nourrit de signes matériels, les tombes en sont, par excellence, qui méritent nos soins et notre attention.
2 résistants
9) Si bien qu’aux cadres cités plus haut il convient d’ajouter les noms des deux Polonais morts pour faits de résistance pendant la dernière guerre.
Louise Zawierta, morte pour la France, est enterrée au cimetière central catholique de Mulhouse ; sa tombe a aussi été récemment restaurée, par deux de ses petits-enfants, Nadine Cosnier er Roland Spieth, qui sont frère et sœur, avec en particulier une plaque-souvenir aux couleurs polonaises, avec le concours des frères Blaszczyk, de Wittelsheim, François et Marc, voisins et amis de la famille.
Le curé Marjan Krupinski, déporté et incinéré au camp de concentration de Dachau, lui, par définition, n’a pas de tombe ; mais un important ex voto, en latin, lui est consacré en l’église Ste-Barbe de Wittenheim, à la droite de l’effigie de la Vierge noire à l’Enfant nationale de Czestochowa.
Plus personne ne comprend spontanément le latin, même certains cardinaux en conclave, déjà en 2013, ont paraît-il perdu le leur, un comble ! Si bien qu’il paraît tout à fait approprié de proposer, du texte latin, une traduction, double, en français, et en polonais, simple mesure pédagogique de bon sens. Depuis le temps que je suis prêt à les proposer, et gratis ! Mais cette idée ne semble pas plaire à tout le monde, en particulier à ceux qui ne l’ont pas eue avant moi… Les mêmes qui ont déjà écarté les Polonais du programme des fêtes du 90ème anniversaire de l’église, en décembre 2019, commettant avec cette discrimination négative un scandaleux contresens historique…
10) Pour plus de précisions sur les notables de la communauté cités dans le présent article, on se reportera à mon site-web, en utilisant l’efficace moteur de recherche mis à disposition. Merci pour cet effort.
11) Illustrations : la plaque commémorative du cinquantenaire en rouge et blanc, et plusieurs clichés de la tombe de Lason, dans son aspect actuel, où le gris basaltique originel a été retrouvé.
11) Fait le 21-11-25, par fsz ; matériel protégé par le droit d’auteur (loi française du 11 mars 1957).
par fsz site polonais-et-potasse.com