e-mémpol X – Les Polonais de l’an 2000 à nos jours

Additif à : la Pologne dans l’UE En 2025 et 2026,

L’Aigle blanc

a 2 têtes, hélas !

 1) Nous prolongeons notre examen de la situation polonaise, dans ses grandes lignes et tendances, passés les premiers 20 ans de son entrée dans l’Union européenne, car une excellente occasion nous en est donnée.

   2) Nous exploitons en effet pour ce faire deux très bons articles de Jakub Iwaniuk, parus dans « Le bilan du monde » selon l’organe de presse « Le Monde ». Il s’agit, on le sait, d’un périodique annuel réputé, qui analyse la situation d’environ 200 pays sous l’angle de la géopolitique, de l’environnement, de l’économie. Avec clarté, simplicité, efficacité. Pour 2025 comme pour 2026, le texte qui nous intéresse se trouve aux pages 106 et 107, dans chacun des deux magazines.

   On retiendra les idées suivantes.

 

Année 25

   3) La politique nationale est fortement affectée par la « cohabitation houleuse » depuis le 13-12-23 entre le président de la République au terme de son second quinquennat consécutif  Andrzej Duda, « illibéral et populiste », un régime défait par les urnes, enfin, ouf !et le Premier ministre de centre-droit Tusk (notamment considéré par la Chancelière allemande Mutti Merckel), dont il convient au passage de saluer qu’il sait durer dans l’exercice des charges publiques, ce qui n’est pas conforme, réjouissons-nous, à la coutume démocratique postcommuniste instituée à partir de septembre 1989., au temps, pour la nouvelle République d’alors, des « maladies infantiles » de la démocratie.

   4) M. Donald Tusk prône « la remise en ordre de l’Etat », « la restauration d’une approche légaliste », contre les « abus de pouvoir de la précédente majorité », qui ont beaucoup nui au pays, terni son image, fait douter de lui.

   5) En conséquence de cette orientation très attendue, est effectué en faveur de Varsovie un « déblocage par Bruxelles de 137 milliards d’euros retenus par le Commission européenne », encore un témoignage très incontestable de la dépendance polonaise chronique à l’argent étranger.

   6) Nous relevons comme quelque chose dont on ne peut plus compréhensible et positif que le budget de la Défense nationale, en particulier en vue du renforcement de la frontière Est, soit augmenté pour 25 à 4,7% du PIB et devienne ainsi le premier de l’Otan.

   7) L’auteur se félicite d’une prévision de croissance de 3% pour 2024. Faut-il lui rappeler qu’elle est artificielle, car résultant de l’injection dans le budget de subsides venus de l’extérieur ? On attend toujours de voir ce que les Polonais sont capables de faire économiquement tout seuls.

   8) Cependant il faut reconnaître, en se réjouissant, que la situation a évolué bien favorablement grâce à l’aide européenne, puisque le niveau de vie se situe maintenant à 80% de la moyenne communautaire, contre seulement 51% en 2004, et que le salaire moyen atteint 1800€ contre seulement 532€ en 04, c’est-à-dire moins de trois fois moins en 04, la différence en mieux étant en effet très considérable !

 

Année 26

 

   On retiendra les idées suivantes.

   9) Karol Nawrocki, du parti Droit et Justice-Pis gagne, encore que de justesse, l’élection présidentielle du 1er juin, avec 50,89% des voix, contre 49,11% au maire de Varsovie Rafal Trzaskowski, le candidat de la Coalition civique de l’actuel Premier ministre Tusk.

   10) Ce résultat est surprenant et décevant, car le candidat battu était considéré comme le favori, et car le nouvel élu, aurait « des liens avérés avec des membres du crime organisé ». 

 

   11) « Le 1er tour a vu une poussée sans précédent de l’extrême-droite », en particulier chez les jeunes de 18 à 35 ans.

   12) Dans la campagne électorale, « la rhétorique antimigratoire, principalement contre les Ukrainiens, a pris une place importante. »

   13) Le recul espéré du populisme ne s’est donc pas produit, ou du moins n’est pas allé jusqu’au bout de lui-même. Au contraire, le nouveau président est réputé plus radical que son prédécesseur de la même tendance Duda. Au contraire encore, un populiste est installé au palais du Belvédère pour le troisième mandat sans alternative, du jamais vu !

   14) Cette perturbation dyarchique du fonctionnement des institutions, qui restent bien en-deça de leur plein rendement, occasionne entre la présidence et le gouvernement une multiplication des conflits, et on craint même l’instauration de fait de deux politiques étrangères « parallèles », ce qui affaiblit évidemment la Pologne sur le plan international, alors qu’elle a besoin de s’affirmer, de gagner en consensus, stabilité et fiabilité.

   15) Les provocations de la Russie contre la Pologne, l’Europe, et l’Otan ont beaucoup augmenté, que les Polonais considèrent comme « une guerre hybride » contre eux.

   16) Une réunion d’urgence du Conseil de Sécurité de l’Onu a même été convoquée pour ce motif.

   17) En 2025, comme annoncé, le budget de la Défense polonaise a atteint le montant « record » de 186,6 milliards de zlotys (La Pologne n’est toujours pas entrée dans la monnaie commune !), soit 44 milliards d’euros.

   18) Au titre des éléments économiques positifs, le PIB doit atteindre 1040 milliards de dollars (=885 millions d’euros). « La Pologne s’affiche ainsi comme la 6ème économie de l’UE et s’apprête à faire son entrée dans le club des pays du G20. »

   19) Mais le pays présente le taux de fécondité le plus faible d’Europe avec seulement 1,03 enfant par femme. Tôt ou tard, l’intérêt d’une immigration est une idée qui devrait s’imposer (ce qui, normalement, ne devrait pas poser trop de problèmes à un pays « fortement » catholique. Normalement…)

   20) Pour moi, au-delà de toutes ces considérations, l’évolution la plus considérable qui émerge en 2025 est d’ordre économico-écologique, en l’occurrence que (je reprends in extenso le dernier paragraphe de l’article.) : « Pour la première fois dans l’histoire du pays, la part d’électricité issue des énergies renouvelables –éolien et solaire, principalement– a dépassé celle provenant du charbon. Cette dernière source ne présentait plus que 43,7% de la production d’électricité, contre 44,1% pour les renouvelables. Un bouleversement significatif, alors que le charbon comptait encore pour 85% de la production d’électricité en 2015. »

   21) Ce qui prouve, à ma grande joie, que même un pays comme la Pologne, quand il est décidé et persévérant, peut se tirer d’arriération, comme un autre : voilà une grande bonne nouvelle, félicitons-en les Polonais sérieux, les Polonais de progrès ! C’est quand même vachement bien, pour commencer,  que la Pologne ne puise plus être regardée de travers comme le grand pollueur du continent. Nous voulons, en Europe et dans le monde, une Pologne ressentie comme un partenaire « valable », pour reprendre l’adjectif préféré du général De Gaulle.

   21) Fait le 21-09-26 par fsz ; matériel protégé par le droit d’auteur (loi française du 11 mars 1957).

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