e II – Les Polonais et le Travail
2025 Asca 100 ans
Encadrants remarquables :
3 présidents HARDY, plus 1 présidente !
1)
Pour parler des plus grands dirigeants de
l’Asca, centenaire en cette année 2025, on va faire comme au jeu des 7
familles ; on va dire : dans la famille Hardy, je demande le père,
puis les deux fils, et je n’oublie pas la mère ;
2)
père Hippolyte,
frère aîné docteur Jacques, frère
cadet docteur Jean-François, et
maman Elisabeth, Madame
Elisabeth ; seul Jacques, 88 ans, est encore parmi nous, la carcasse
diminuée, certes, mais la tête toujours tout à fait à sa place, pour dire des
souvenirs, mais aussi réfléchir à leur signification, « sociétale »,
comme on dit (si bien ?) aujourd’hui ; quel cœur tout d’altruisme, ce
docteur Jacques, cet ami simple et sincère de tant d’entre nous.
3)
a) Hippolyte : ou « Hippo », est né à Limoges, capitale du Limousin, et ville
de la porcelaine si prisée à laquelle la ville a donné son nom, le 29-07-12, et
est décédé à 85 ans le 14-12-97 ; il a fait aux Mines ce qui s’appelle une
grande carrière.
b) D’abord enfant, en Périgord noir, à Sarlat, en Dordogne, dans une fratrie
de 4, il est orphelin dès 13 ans, et pupille de la Nation. Après ses 2
« bachots » (pour « bacs », eh oui, à l’époque il y en
avait 2, à commencer par le « probatoire »), ses facilités
intellectuelles, et son désir d’apprendre,
lui ouvrent en 1933 les portes de l’Ecole supérieure des Mines de St-Etienne,
où il se forme avec succès pendant 3 ans. Il effectue ensuite son service
militaire, à Versailles, au 5ème
RG, ou Régiment du Génie, et obtient, normalement, son grade de
sous-lieutenant.
c) En 1936, année du fameux « Front
populaire », le jeune officier, optant pour la religion protestante (et
ses obsèques seront donc célébrées au temple de Cernay) convole en justes noces
avec Elisabeth Chambon, qui lui donne 2 fils, et dont il sera veuf, se
remariant 6 ans plus tard en 1977 avec Jeanine Martin, canadienne d’origine.
d) Hippo entre aux Potasses, comme ingénieur
du fond, à Max, en 37. Il habite place de la gare, en face du chevalement
(depuis abattu), et il est rapidement muté à la Division Joseph-Else, à
Wittelsheim-Graffenwald.
e) Quand survient la guerre, il se replie en
zone libre, et travaille dans les mines de charbon de Decazeville, dans l’Aveyron.
f) Il revient à Wittelsheim-Amélie 1 dès la
guerre finie, et habite à la Coop de Graffenwald, qui deviendra bien plus tard
« La Maison du Mineur », association patrimoniale et culturelle hélas
dissoute, et remplacée (si l’on peut dire) par « Kalivie »…
g) Un court temps muté à la Division Anna, à
Wittenheim, il devient chef de Division
d’Amélie 1, la Division de l’Asca, si l’on veut.
h) Il prend sa retraite en avril 1973. Entre
temps, il aura quand même été membre du
Directoire de l’Entreprise, c’est-à-dire un personnage puissant, hautement
considéré et à grosses responsabilités.
i) J’ai déjà eu l’occasion de le dire :
les Mines de potasse d’Alsace de l’après-guerre ont été un véritable empire, autarcique d’ailleurs, elles
pouvaient tout, elles avaient tout, s’occupaient de tout, suivant une
expression restée fameuse « du berceau au tombeau », se mêlaient de
tout ; c’était carrément écrasant ; personne ne pouvait bouger le
petit doigt sans se retrouver immédiatement le nez collé à : MINES !
Du moins jusqu’à ce que commence vraiment vers 1970 ce qu’on a appelé, de plus
en plus visible et problématique, pour tout le monde, y compris pour ceux qui
critiquaient la Direction, autrement dit le Directoire, avec ses 5 Directeurs,
« le désengagement progressif »… Soyons clairs : les Mines ne
sont toujours pas réellement remplacées aujourd’hui, et ne peuvent pas l’être. Cela
a été tout un monde. Enorme, avec
splendeurs (le bénèf record, un milliard d’anciens francs, de 1955, l’année de
ma naissance) et misères (les mines du Congo, ou surtout la folie-Stocamine : jamais le
premier fût n’aurait dû descendre, un point c’est tout ! un point capital
sur lequel le maire honoraire René Arnold s’est rallié à moi.). Il y en a
encore, des milliers et milliers de pages, à gratter, pour raconter tout-ça-tout-ça.
j) Dans ce contexte, la grandeur d’Hippo
aura été que même à son apogée professionnel, il aura toujours gardé le recul
nécessaire pour continuer de compter à la seule aune qui en définitive vaille,
celle de l’humain ; toujours il
aura su continuer à vivre au milieu des petites gens, à leur hauteur. ; en
cela, il accédait au vœu de sa hiérarchie, que les cadres de l’Entreprise
s’impliquassent dans la vie locale, et cela me fait souvenir de certains de ses
collègues qui ont eux aussi participé à ce mouvement et qui ont été appréciés à
cet égard sur le terrain, Alquier, Depêge, plus tard Chamberlan, Hauvelle,
Morchipont, Bodu, Siffert, Hartmann, que j’ai eu l’avantage de tous connaître
personnellement, dans la sphère associative, et la liste n’est pas exhaustive.
k) Hippo n’a pas toujours été président de
l’asca-foot ; j’ai été amusé de le trouver en archives primitivement
« vice-président technique », j’adore surtout dans cette appellation
le qualificatif de « technique »,
justifié peut-être parce qu’il est à l’origine de, et a supervisé, la
construction de ce qu’on a appelé « la halle des sports », à côté du
« petit terrain » ; rapidement il devient président général, ce qui n’a pas été un vain titre puisque le club
s’est donné une vocation « omnisports », en particulier avec la
création tout de suite après guerre de 2 nouvelles sections, devenant 2 grands
fleurons, le basket, et le hand.
l) En 1989, Hippo se donne comme successeur
à la présidence générale Jean-Paul
Zimmermann, de la section de basket, … et centriste bon teint en politique,
où il m’est arrivé de le retrouver. Mais ladite présidence générale revient
dans la famille, puisque bientôt Zimmermann, dit « Zim », ou même
« Zimboum » (on avait de l’imagination), cède la place au dr Jacques,
fils aîné d’Hippo.
m) Justes récompenses, Hippo est décoré, en
cette même année 1989, de la médaille
de bronze de la Jeunesse et des Sports, suivie de celle en argent en
1995 ; c’est un minimum : il aurait mérité nettement plus, de ce
genre de reconnaissances.
n) Dans sa descendance, le vaillant retraité
compte 4 petits-enfants, et 6 arrière-petits-enfants, tous adeptes d’un sport
collectif.
o) Spontanément extraverti, fidèle en
amitié, toujours plein et de sollicitude à l’égard de ses anciens joueurs, et
collaborateurs, qu’il continue au besoin de soutenir, de son influence, de ses
conseils, le retraité Hippolyte s’est
installé dans un petit pavillon blanc de style « Ile de France »
qu’il a fait construire à la sortie de Wittelsheim-Graffenwald (vers la Nationale 66) à côté des Basso-Cirillo, qui, en bons voisins, ont toujours gardé un œil sur
lui ; dans les années 60, il conduisait une « Frégate » Renault ;
le stade du Château d’eau a été rebaptisé à son nom ; pour résumer cette
personnalité, faste, tutélaire, capitale, je suis tenté de dire qu’il a été à
sa façon pour l’Asca ce que Laurent de Médicis a été pour Florence, « Le Magnifique » ! leader
dominant de la tête et des épaules la meilleure période du club, sympa entre
autres car pas exempt de contradictions, en particulier une d’autant plus mignonne
qu’elle est paradoxale et avouée, qui consiste à fuir les honneurs tout en
raffolant des discours.
4)
Jacques : fils
aîné du précédent, né en 1937, docteur en médecine générale de l’Université de
Besançon, recruté par la SSM (Société de Secours minière) pour soigner les
malades de la cité Rossalmend, de 1970 à 1998, où il prend sa retraite ;
président de l’Asca-foot en juin 1975, puis président général, vice-président
de l’OMSC (Office municipal des sports et de la culture) de la Ville de
Wittelsheim ; chevalier des Palmes académiques (remise effectuée par
Pierre Albouy), également titulaire de l’Ordre national du Mérite (demande
faite au titre de l’action « sport-santé » faite par (+) le dr
Jean-Louis Lorrain, sénateur du Haut-Rhin et conseiller général) ; a
beaucoup œuvré dans le cadre de la médecine du sport, et en faveur de
l’intégration au sport des infirmes, étant lui-même personnellement handicapé,
situation qu’on l’a toujours vu assumer avec un courage admirable ; il
s’en trouve non pas diminué, mais tout au contraire grandi, et peut servir à
beaucoup de modèle.
5)
Jean-François :
né en novembre 38, frère cadet du précédent, également docteur en médecine
générale, étudiant à Besançon comme son frère, mais ensuite à Strasbourg, a
ouvert un cabinet privé, rue Principale, à Richwiller ; a été longtemps
président de la section de hand-ball (fondée en 1947), à partir de 1967, en
remplacement de Joseph Fels ;
6)
Elisabeth : 1ère
épouse d’Hippo, présidente de la section de basket de l’Asca , décédée de
maladie en 1971 ; elle faisait de sa maison, communément appelée la
« Villa Hardy », à côté de l’école de filles d’Amélie I, (j’aurais
bien voulu l’acheter, mais ça ne s’est pas goupillé, en 84, officiellement à
cause des nuisances sonores causées par l’usine de flottation rapatriée de
Théodore à Amélie, j’en garderai toujours de l’aigreur…), le club-house , ou
foyer, de l’Asca avant la lettre, une auberge de jeunesse, un centre de soins,
de relaxation, de formation, hospitalier à toute heure, un carrefour
relationnel et solidariste ; la vraie dame patronnesse, comme on dit, une
grande dame de Wittelsheim, comme par exemple cette autre, Basia Sauter, l’épouse
du pharmacien-adjoint-historien ; « Eli » est bien trop
tôt disparue.
7)
En conclusion : au nom de Hardy, les
jeunes sportifs et sportives du stade
doivent comprendre que : les
Hardy sont de hauts représentants, très hauts, peut-être les plus hauts, en
leur temps, d’un certain paternalisme social au service d’un humanisme à promouvoir
à travers la pratique sportive, et les valeurs qu’elle met en jeu.
8)
Ils doivent comprendre la
même chose au nom de Pierre Albouy, l’instituteur
dédicataire de la salle des sports implantée dans l’enceinte anciennement dite
« du Château d’Eau » : encore un de ces mordus, trop rares, qui
a laissé derrière lui un bilan d’action gigantesque.
9)
Illustrations :
a) Dès notre sommaire, deux figures de proue
du Wittelsheim des Trente Glorieuses, et toutes deux liées à l’Asca, réunies en
1964, à l’occasion d’une remise de décorations (à M.M. Beltzung et Goldbronn,
de l’Asca, par M. Meichler,
inspecteur départemental de la Jeunesse et des Sports, fidèle ami, et compère,
du maire René Arnold; à droite, Hippolyte
Hardy, le président général du club ; à gauche, Jules Ebner, « ingénieur » aux Mines, maire (47-71) et
conseiller général du canton de Cernay-Wittelsheim (58-70), joueur dans la
première équipe sénior, celle de 1925 (« Gazette des Mines » n° 129,
mars 64, doc René Arnold)).
b) Hippolyte,
lors d’une réception, à la gauche du
successeur d’Ebner le maire René Arnold (71-94, au micro), dans la salle du
Conseil municipal de la mairie de Wittelsheim en avril 80 (DNA du
08-04-80, doc hm).
c) Hippo 76 ans prend sa retraite de président général de l’Asca,
article de PH (= Pierre Hugonin, beaucoup l’auront tout de suite compris) dans
LA du 05-06-88 (doc hm). Sur la photo, il reçoit en cadeau un gros-beau livre
des mains de son successeur le basketteur-entraîneur des féminines Jean-Paul Zimmermann, qui se trouve
être un neveu du populaire … maire honoraire-footballeur Jules Ebner (L’Asca
donne ici l’impression d’aimer, déjà ! les « circuits courts »…)
d) Les
deux fils-toubibs, Jacques à gauche et Jean-François à droite de la
banderole, notez qu’ils sont tous deux barbus, inaugurent le stade du Château
d’Eau rebaptisé au nom de leur père décédé (article de Pierre Hugonin dans LA
du 06-10-98).
e) Jacques,
photo-portrait, devenu nouveau
président de la section de foot (LA du 18-06-75).
f) Jean-François,
debout, premier à partir de la gauche, avec l’équipe 2 sénior de handball de la saison
73-74 (doc site-web section hand Asca, amical merci à Roland Spieth-Zawierta,
ancien joueur de la section, de m’avoir orienté vers cette excellente ressource
documentaire).
g) Elisabeth,
c’est la dame debout en veste de ville sur la photo d’équipe de la jeune
asca-basket féminine à peine née ; nous donnons aussi son portrait par recadrage (doc
Marco Zemb, merci vieux !).
10) En complément d’information sur les Hardy, on
pourra lire notre article, sur ce site, sur leur voisin, ami, et parent par
alliance « l’instit Granacher »,
grand serviteur de l’Asca aussi ; utiliser le moteur de recherche.
11) Fait le 20-07-25 par fsz ; augmenté le 29-12-25 ; matériel protégé par le droit d’auteur (loi française du 11
mars 1957).