e-mémpol IV – le saviez-vous ?

Une relique de Jean-Paul II à Mulhouse !

par fsz –site polonais-et-potasse-com

   1) Eh oui, ça ne devrait plus l’être depuis longtemps, et pourtant ça reste une sorte de révélation, presque ! Mulhouse a sa relique de St-Jean-Paul II !

   2) Mini-relique, soit : une infime pincée de cheveux, blancs, en effet (Le Vatican les lâche, il faut dire, seulement du bout des doigts, avec grande parcimonie.) ; mais relique, bel et bien, réelle, quand même !

   3) Elle se trouve en l’église catholique St-Etienne (construite sous le second Empire, dans une magnifique et impressionnante unité stylistique néogothique, inspirée par les plans de la cathédrale de Reims elle-même !), de la rue de la Sinne, en face de la place de la Paix (A ne pas confondre avec le temple du même nom, place de la Réunion.).

   4) Elle, la relique, est sertie sous verre dans un présentoir en grès rose des Vosges (De rigueur, en Alsace, évidemment !), qui règne désormais sur la chapelle Ste-Cécile (La première à droite, après celle du Rosaire, en prenant le déambulatoire « à chapelles  rayonnantes » (sic) autour du maître-autel).

   5) Pour vous, donc : cette évocation de faits, avec digressions sur des personnes, liées à ces faits.

En souvenir du 11 octobre 1988.

   6) L’inspirateur de l’établissement de la relique dans son lieu est  Patrick Koehler, chanoine, ancien recteur du pèlerinage de Thierenbach, puis de celui Ste-Odile, et qui est actuellement revenu à Thierenbach. Dans la période où il a en outre été incidemment curé de St-Etienne, il a voulu que le Mulhouse catholique, et au-delà, se dote d’un souvenir, pérenne, de la visite du pape Jean-Paul II à la « Manchester alsacienne » (sic), métropole du labeur protéiforme des hommes de bonne volonté.

   7) Partout où il est passé, Koehler a, entre autres, laissé de lui le sentiment qu’il a besoin, pour se sentir tout à fait à l’aise, pour donner sa pleine mesure, de se mobiliser vers la réalisation de projets qui dépassent la routine ecclésiale ; je tiens à dire qu’à ce titre  il m’est fort sympathique, et ce du reste depuis une vingtaine d’années déjà .

   8) Et fort sympathique il m’est en outre car il a de la personnalité et du Verbe ; par exemple, quand je lui annonce la publication du présent article, et qu’il y sera cité, et plus d’une fois, il me lance simplement : « Le nom des fous est partout ! » ; et au-delà des boutades, je le trouve intéressant par le fond de sa prédication, par exemple quand il dit qu’en matière de foi il faut en ce temps revenir à l’essentiel ; et surtout quand il assène abrupt : « Il ne faut pas courir après le monde. » ; les chers solitaires de Port-Royal de mes études, gens austères et sans concession(s), ne sont peut-être alors pas bien loin…

   9) Au-delà de la sympathie, et même de la reconnaissance que j’ai pour l’homme d’accueil, et donc pour le vrai prêtre qu’il est, je trouve à propos de prendre sérieusement en considération ce que préconise Patrick Koehler, surtout quand il ose s’inscrire en faux contre le consumérisme tellement déformant et dans l’air, pollué, du temps ; jugez plutôt ; quand je lui demande, par courtoisie en cette saison, car on n’a plus que ça à la bouche, s’il a déjà arrêté les dates de ses congés d’été, il me rétorque vivement : « Je n’ai pas de congés, chez moi on n’en prenait jamais, les pauvres ne peuvent pas en prendre, d’ailleurs ; de quoi est-ce que cela a l’air si les ecclésiastiques sont dans les hôtels, alors qu’il n’y en a plus dans les monastères ? Si je me sens fatigué, je me couche plus tôt, c’est tout. » Moi qui ai accoutumé pendant une longue période de dire que vivre, c’est être à contre-courant, avec lui je suis servi, avouez !

   10) Revenons-en au sujet principal : le pape Wojtyla, pour clore une visite pastorale aux départements de l’Est (aujourd’hui, on pourrait dire du Grand-Est), a célébré au stade de l’Ill, devant une assistance estimée à dix-huit mille personnes, réunie sous une pluie battante et ininterrompue, tout le monde en est resté marqué, une messe, le mardi 11 octobre 1988, en fin d’un après-midi gris et sombre.

Et d’un double centenaire !

   11) Pour caler de manière opportune la cérémonie d’introduction de la relique sur l’agenda, Patrick (si je puis me permettre cette familiarité…) a voulu qu’elle intervienne dans l’année 2020, centenaire à la fois de la naissance de jp2 et de Mgr Charles-Amarin Brand, enfant de la paroisse St-Etienne, sans la persévérance de qui l’étape de Mulhouse n’aurait sûrement jamais été agréée par le service des voyages pontificaux (Ce prélat est celui même qui a présidé en 82 les obsèques de la princesse Grace de Monaco. Koehler me dit à son sujet : «  Notre confiance réciproque était grande. » ; cette parole n’est évidemment pas anodine, si on la prend dans le contexte diocésain troublé de ce printemps 2023.)

   12) Mulhouse, dans l’apparat des grands jours, a accueilli la relique le 20 octobre 2020. Koehler, maître de cérémonie, a eu pour la circonstance un entourage relevé, en particulier par la présence de Mme le Maire Michèle Lutz, de Mgr Luc Ravel, archevêque de Strasbourg, et surtout de Mgr l’archevêque Celestino Migliore, nonce apostolique à Paris (autrement dit l’ambassadeur du pape François en France), porteur du nouvel objet  offert à la vénération des fidèles.

   13) Comment finir ce propos, sinon en faisant valoir que l’église St-Etienne, en tant que détentrice de cette relique, qui reste quand même rare, est à considérer comme un sanctuaire privilégié, de Mulhouse, et très loin à la ronde ?

Le Fauteuil blanc !

   14) Le lourd et raide fauteuil blanc capitonné en novopan, en fait un trône, qui fait face au reliquaire, dans la chapelle Ste-Cécile, a suscité des interrogations. Est-ce le vrai ou un faux ? Est-ce celui sur lequel jp2 était effectivement assis pendant la messe de Mulhouse, ou bien est-ce un fauteuil dans lequel il aurait dû s’asseoir, et ne s’est finalement pas assis (On ne sait trop pourquoi, d’ailleurs.) ? La réponse sûre et certaine à la question est apportée par Koehler : c’est le vrai fauteuil (un peu comme on a pu dire, de tel bout de bois que c’est un bout de la « vraie » Croix) ! Un dimanche matin qu’il m’a trouvé, comme depuis bientôt deux ans, m’appliquant à quelques instants de bonne vraie méditation, installé dans le fameux fauteuil, don Pascal Boulic, le curé actuel, émanant de la communauté Saint-Martin, m’a laissé entendre que je me trouvais à la place du pape ; première nouvelle ! je n’en revenais pas et j’ai quand même réussi à lui répondre que je n’en demandais pas tant ; et chacun a eu un petit sourire. Il reste de tout cela qu’à un certain degré le siège constitue peut-être lui aussi une relique ? Le vicaire de la paroisse don Armand d’Harcourt a cru, à son tour, de mise de me taquiner, ce qui entre nous passe pour de bon ton, en me faisant lui aussi remarquer que je me suis mis sur mon séant à l’endroit où a siégé (le temps d’une messe) le pontifical postérieur : je le mentionne en essayant de tourner le dire vers le rire, afin surtout d’épargner au fier fauteuil de devenir un trop facile, et futile, fétiche.

Et Vierge noire !

   15) Pour faire vitrine de la présence de jp2 dans l’église, j’ai eu, à la suite d’un certain concours de circonstances sur lequel je reviendrai ailleurs, l’honneur de lui offrir, comme une icône signalétique, une reproduction de la Vierge noire polonaise nationale de Czestochowa, qui a été suspendue à la grille de l’entrée de la chapelle Ste-Cécile, où se trouve la relique. On se souvient en effet combien ce pape vénérait la mère de Jésus, combien la dévotion mariale constituait en quelque sorte le socle de toute sa pratique religieuse si concentrée, si intense.

   16) L’introduction de ce tableau datant des années 1920, et resté en parfait état, ce qui est rare, a eu lieu après la messe du soir le vendredi 16 juillet 2021, à l’occasion de la fête de Notre-Dame du Mont Carmel (en Terre Sainte), lors d’une cérémonie de belle allure, présidée le curé du lieu, qui était alors encore pour quelques derniers jours Patrick Koehler.

    17) Cette Vierge à l’Enfant rappelle aussi que Mulhouse a connu il y a près de cent ans une immigration polonaise notable, en complément de celle, massive, qui a été utilisée pour l’exploitation du gisement de potasse voisin, à moins de 10km de la Tour de l’Europe, dans le périmètre de l’actuelle  communauté de communes dite M2A.

Le parvis : hommage à Charles-Amarin !

   18)  La cérémonie du 20-10-20, quant à elle, a comporté un second acte essentiel, le dévoilement de la plaque toponymique à fond émaillé bleu roi dédiant le parvis pavé  de l’église à la mémoire de Mgr Charles-Amarin Brand, archevêque émérite de Strasbourg.

   19) Chaque fois que j’entre dans la chapelle à la relique, je vois l’effigie de ce prélat, et spontanément je le remercie en pensée de toute l’action caritative qui a pu se déployer à partir de l’Alsace grâce à lui au bénéfice des plus nécessiteux de Pologne, il y aura bientôt quarante ans.

   20) Je saisis avec opportunisme le prétexte qui s’offre à moi ici de lui rendre l’hommage personnel qui, me semble-t-il, lui est dû. Plusieurs fois, en bonne partie grâce à la secrétaire particulière de mgr, Mme Michèle Cardoso, préposée à l’accueil des visiteurs, si rompue à la diplomatie d’antichambre, j’ai été reçu par Brand dans son bureau de la rue Brûlée en tant qu’accompagnateur amical et « vice-président » (sic) d’Annabelle Wersinger, présidente de  l’association surtout humanitaire et accessoirement culturelle « Amitié- franco-polonaise » de F68270 Wittenheim, qui s’est incroyablement engagée, donnée ! pour soulager la misère matérielle dans le pays d’origine, pendant une trentaine d’années sans repos ni relâche, à partir du 13-12-81, date de l’instauration de l’état de siège en « République populaire » (sic) par le général Adalbert (pol : Wojciech) Jaruzelski, resté à la postérité comme « l’affreux » général aux lunettes noires… que « Mimi », alias François Mitterrand, grand réaliste à ses heures, a quand même reçu officiellement, au-delà de toute diabolisation « idéologique », un peu, mais un peu seulement, comme Sarko a reçu  le colonel Khadafi (un autre militaire…), mais en beaucoup plus sobre et maîtrisé, bien sûr.

   21) Brand, et il n’a jamais eu à s’en repentir ! a misé sur  Annabelle, pourtant une laïque, qui s’offrait à cet égard avec feu il est vrai, pour répartir au plus judicieux en Pologne les fonds significatifs par lesquels l’archevêché entendait manifester une générosité bien présente et agissante à l’égard des populations catholiques de l’Europe de l’Est, démunies dans le contexte d’une économie de pénurie, d’une consommation sévèrement insuffisante, même, sur le plan sanitaire, dramatiquement insuffisante.

    22) Le prélat profitait en outre de nos visites pour recueillir, sans trop avoir l’air d’y toucher, notre « ressenti » sur les « prestations pastorales » des différents prêtres « importés » de Pologne par l’archidiocèse pour faire face à la pénurie, grandissante, de desservants pour les paroisses. On a souvent eu des abbés qui ont eu du mal à s’adapter aux mentalités alsaciennes, on peut difficilement le cacher. A décharge, il aurait peut-être fallu « sensibiliser » un tant soit peu les intéressés à ce qui les attendait sur le terrain, un « terrain » avec lequel il allait leur falloir composer un minimum ; composer et non imposer, ce qui, pour le moins, ne faisait pas partie de leur « culture » originelle.

   23) Outre les deux sujets sérieux de nos entretiens –action humanitaire en Pologne, et ecclésiastiques polonais en Alsace-, Brand se donnait avec moi un peu de récréation, en lançant une ou l’autre allusions politiques, qu’on n’attendait pas d’un homme surtout connu pour sa retenue, sa prudence, et sa patience. J’avais des réparties un peu vives de jeune homme : il ne détestait pas cela, dans le fond, ça le changeait de …la langue de bois, ambiante et émolliente.

L’archevêque liquoriste !

   24) A ses rares moments de décompression, le prélat, c’était un secret, à l’archevêché, secret de polichinelle évidemment, aimait fabriquer (pour se changer du vin de messe ?) dans un réduit discret de la maison, de la liqueur, de l’eau de noix, Nusswasser en allemand (avec un o ouvert à la place du a, en alsacien de Mulhouse). Michèle m’en a fait goûter ; le breuvage était très réussi ; il était évidemment de rigueur de se sentir un privilégié quand on avait bénéficié d’une dégustation, ben voyons ; j’aurais dû en siffler plus, quand j’y repense !

   25) Presque toujours, à la fin de ces heureux échanges avec Mgr, dans les toutes dernières secondes, il mettait dans la main de Bella, pour « ses » pauvres, plusieurs conséquents billets de banque, qu’il était hâtivement allé chercher dans une belle armoire : il tenait beaucoup, selon l’expression consacrée, à « prélever sur sa cassette personnelle » afin de contribuer effectivement à l’effort de « guerre », autrement dit pour joindre le geste à la parole, donner l’exemple.

   26) On peut dire que Charles-Amarin savait y faire avec les gens, sous ses allures minimalistes, savait se les mettre dans la poche. On peut dire aussi qu’il avait les moyens de sa politique, l’Eglise d’Alsace n’étant pas spécialement ressemblante à Job sur son tas de fumier (et tant mieux)…  Ce qui me reste, c’est que son désir de faire du bien, le Bien, sur un certain fond de douce mélancolie, était parfaitement sincère, et appliqué.

La relique, et autour, en 16 photos

   27) Suivez le guide, constitué par les légendes ci-dessous, de la série de nos seize clichés par lesquels on peut se familiariser tout de suite de visu avec la relique, et son environnement. Nous utilisons une numérotation par lettres de l’alphabet, pour ne pas confondre avec celle des paragraphes de l’article.

   a) le parvis, avec au fond l’entrée principale de l’église St-Etienne, et dans le haut à gauche le lycée Jeanne d’Arc.

   b) au coin sud-ouest du parvis, la plaque signalétique « zoomée » à lettres blanches et à fond bleu.

   c) l’entrée de la chapelle Ste-Cécile, depuis le déambulatoire.

   d) la même entrée, avec sur la droite, de dos, avec sac à dos, un visiteur de l’église.

   e) le même touriste, qui a l’air de se demander en quoi consiste exactement la si minuscule relique.

   f) le tableau-copie de la Vierge noire de Czestochowa (Pologne) installé sur la grille de la chapelle, à gauche de l’entrée, le vendredi 16 juillet 2021 ; les deux personnages, Marie et l’Enfant-Jésus apparaissent dans leur version couronnée, de très loin la plus diffusée entre les deux guerres, à l’arrivée des Polonais dans le secteur ; en haut, à gauche du cliché, le reflet inattendu d’un vitrail de l’église s’est invité dans la photo.

   g) le fauteuil papal de la messe de jp2 à Mulhouse le 11-10-88, derrière un prie-Dieu en chêne massif.

   h) le même trône blanc, de profil.

   i) l’autel de Ste-Cécile, sur lequel est exposée la relique ; sous l’autel une statue assez connue de la sainte, couchée sur le sol ; l’original de l’œuvre, créée en 1600 par l’Italien Stefano Maderno, se trouve en l’église Ste-Cécile du Trastevere à Rome.

   j) le reliquaire en grès de jp2, de profil.

   k) le même reliquaire, de face.

   l) dans le médaillon tricolore protégé par un verre transparent, la relique, c’est-à-dire quelques cheveux blancs du saint.

   m) les plaques murales de présentation de la relique, vue d’ensemble.

   n) zoom sur la plaque évoquant spécifiquement jp2.

   o) zoom sur la plaque spécifiquement consacrée à Charles-Amarin Brand.

   p) zoom encore plus prononcé sur la même plaque : on a un bon condensé des principales dignités du prélat mulhousien.

   . 

   28) En annexe de cet article, on pourra prendre connaissance de l’homélie prononcée par jp2 au stade de l’Ill ; le texte en est également disponible sur le prie-Dieu de la chapelle.

   29) Pour dernier mot, souhaitons que la relique puisse jouer désormais plus pleinement son rôle, de fixatif de dévotion.

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   30) Rédigé le lundi de Pentecôte, fête de la Vierge-Mère de l’Eglise, le 29-05-23, et jour du pèlerinage annuel dit « des Polonais de l’Est » à Thierenbach ; terminé le 12-06-23.

   31) Matériel protégé par le droit d’auteur (loi française du 11 mars 1957).

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Homélie de jp2 au stade de l’Ill

e-mémpol ; IV additif sur jp2 à l’article

« On tire toujours  sur l’espérance  »

   1)   J’ai eu l’honneur d’écrire deux articles, disons de mise en valeur appuyée, sur jp2, l’un, en français et en allemand, pour son intronisation papale, avec la fameuse homélie du « Non abbiate paura ! ou fr : « N’ayez pas peur ! », le dimanche 22-10-1978 ; et le second en réaction à l’attentat commis sur sa personne le mercredi 13-05-81 (certains ont dès lors vu dans l’élection de Mitterrand trois jours plus tôt un mauvais présage : c’était quelque chose d’ « Hénaurme !» (sic), ce surgissement de superstition, quand j’y repense : Nostradamus en direct, quoi…) ; mon texte, une sorte d’éditorial, comme l’autre, a été publié le dimanche 17-05-81, sous le titre « On tire toujours sur l’espérance ! »

Sur l’attentat : mon effarement

   2) Le 06-12-18, à propos de ce texte sur l’attentat, soit quelque trente-sept ans après les événements, d’un homme d’archives il est vrai, je reçois le courriel suivant : « Je trouve votre texte sur l’attentat contre Jean-Paul II magnifique. Et malheureusement il y a eu effectivement ensuite Jaruzelski, le massacre des innocents, en 2015 et 2016 à Paris, et aujourd’hui la mise à sac de l’Arc de Triomphe. Et j’ai bien peur pour mes enfants et petits-enfants que votre belle conclusion reste encore longtemps à l’état d’espérance. »

   3) Ma réponse, le même jour : « C’est votre réaction à mon texte qui est en réalité ce que vous dites, càd magnifique. Puis-je la publier, sur mon site, in extenso ? Cela ferait du bien, à tout le monde, moi, vous, le lecteur, et même le sujet, non ? Allez, un bon geste, pour Noël, quoi ! »

   4) Sa réponse, le même jour : « Pas de problème pour la publication sur le site, mais anonyme (RG). Bonne fin d’année. »

   5) Mon correspondant est une personnalité de tout premier plan dans le Bassin potassique. Je brûle évidemment de vous en dire plus, sur un interlocuteur si bien disposé à l’égard de ma prose, mais je me retiens, car je trahirais ma promesse de lui assurer l’anonymat.

Sur l’élection : mes sarcasmes

   6) Après la publication de l’autre article, intitulé « Aujourd’hui, l’intronisation de Jean-Paul II », immédiatement, j’ai recueilli aussi des réactions, sympathiques, de lecteurs. Remarquable entre toutes, l’une d’elles m’a été adressée par lettre par un journaliste, ancien chef d’agence de « L’Alsace » à Wittelsheim, atteint d’une inexorable sclérose en plaques, Jean Stebler, de la rue Sambre et Meuse à Guebwiller, homme de courage et de dignité, de culture (c’était un romantique, un peu bibliophile, qui ne réussissait décidément pas à s’affranchir de l’emprise tout à fait excessive du père Hugo) et d’humour, surtout germaniste  très solide et sûr. Nous avons été sincèrement amis.

   7) Il avait la Pologne et les Polonais à la bonne, il avait dû servir là-bas dans l’armée de l’air sous l’uniforme honni des « Malgré-nous », en était traumatisé à vie.

   8) Sa relique polonaise à lui, c’était un petit jeu d’échecs en bois qu’il avait rapporté de Cracovie, où l’habitant l’avait traité avec humanité quand il en avait besoin, ce dont il avait évidemment conçu une reconnaissance éternelle. Malgré son caractère réservé, on sentait battre en sa poitrine un cœur tout à fait polonophile, tout à fait dans la grande tradition de polonophilie française cristallisée au XIXème, le pays démembré par ses puissants voisins germano-austro-russes ayant purement et simplement disparu de la carte des Etats souverains d’Europe, de 1795 à 1918.

   9) L’élection de Wojtyla lui a fait tant d’effet ! Il m’en a tant et tant félicité, que j’ai eu  plus d’un instant l’impression que c’était moi qui avais été élu…

   10) En incise, j’en profite pour placer ici (ou jamais ?) que les Alsaciens m’ont donné bien du fil à retordre, dans les premières années du pontificat, sur le point suivant : comme ils ont trouvé l’élu cracovien « formidable », ils ont considéré, quelle naïveté ! que donc tout le clergé polonais était du même tonneau « formidable » ; évidemment, il a fallu les détromper…  Dans la réalité, on était loin du compte : en élisant Wojtyla les cardinaux n’avaient pas élu la règle, mais l’exception ; pas l’ordinaire, mais l’extraordinaire ; ceci étant, maintenant qu’on cherche à déboulonner toutes les statues, même la sienne est désormais visée, à laquelle on veut trouver « une part d’ombre ».

   11) Revenons à Stebler : je lui ai répondu qu’il pouvait facilement comprendre désormais pourquoi dans ma jeunesse je ne suis pas entré au séminaire polonais : car je savais que, si j’avais enfilé la soutane, au second conclave de 78 Karol n’aurait eu aucune chance contre moi, mais alors aucune ! (L’ancien président des USA saxophoniste Bill Clinton se montre bien sûr plus bien plus lucide que moi sur  la belle cote d’amour du malheureux vieillard anéanti par la maladie dans l’opinion, à travers cette sportive boutade : «  Je n’aurais pas aimé être candidat contre lui. »)

   12) Stebler n’a pas manqué dans sa missive de formuler par ailleurs des vœux très sentis pour la santé du nouveau souverain pontife (il convient de bien resituer qu’on venait de perdre le précédent au bout de seulement 33 jours de règne !).

   13) Je lui ai répondu qu’il ne devait avoir aucune inquiétude à ce sujet, qu’il était si rare qu’un Polonais atteigne la première place que, quand cela se produisait, il la trouvait si bonne qu’il en devenait ipso facto éternel.

   14) Voilà de mémoire deux des sarcasmes que j’ai proférés alors, surtout pour le malin plaisir d’entretenir la réputation que j’avais de bouffer du curé à chaque petit déjeuner !

   15) La réalité de mon parti pris anticlérical de cette période était bien entendu un peu moins sommaire, pas tant tout d’une pièce que ça…

   16) Pour finir ce que j’ai a dire, pour l’instant, sur jp2 et autour, il me faudra évoquer, plus tard, ailleurs, mon rapport personnel à Stanislas Dziwisz, l’essentiel secrétaire particulier de Sa Sainteté ; et mon rapport encore beaucoup plus personnel au Dominicain Félix Bednarski, auquel Wojtyla a succédé à une chaire de théologie de l’Université catholique de Lublin (KUL) ; le professeur Félix, établi à Rome, a en effet, et c’est assez curieux, pendant de nombreuses années effectué des séjours d’été parmi nous, disant la messe à Mulhouse, Wittelsheim, sans oublier Urbès.

   17) En annexe, on retrouvera mes deux articles dans « L’Alsace » évoqués plus haut.

   18) Terminé de rédiger le 30-06-23 ; matériel protégé par le droit d’auteur (loi française du 11 mars 1957).

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e-mémpol IV-

Additif n°2 à « Relique de jp2 »

Photo au « Mur des Lamentations »

1) Une photo ne fait pas une signalisation, un peu comme…une hirondelle ne fait pas le printemps…

    2) Le dimanche matin 8 octobre dernier, je constate qu’il y a une forte nouveauté dans la chapelle de la relique : on a suspendu au mur dans la semaine écoulée, sous le vitrail de St-Valérien (époux converti de Ste-Cécile de Rome, patronne de la musique sacrée et des musiciens, à qui, rappelons-le, la chapelle est dédiée), et au-dessus du fauteuil papal, une belle photo claire et bien encadrée de jp2 se recueillant devant le « Mur des Lamentations » (C’était en mars 2000, le pontife, alors pèlerin de la paix à Jérusalem, bien malade, a glissé dans une fente dudit vénéré vestige un billet, où il a demandé pardon pour tous les torts causés au peuple juif.)

   3) Cette représentation a un intérêt évident dans le contexte spirituel mulhousien actuel, car elle rappelle, et peut symboliser, l’ouverture de l’Eglise catholique au dialogue interreligieux.

   4) Cependant, il reste évidemment à mettre en place, à partir des entrées du sanctuaire, un fléchage minimum guidant vers la relique, simplement importante, non pas en tant que papale, non pas en tant que « polonaise » non plus, mais en soi en tant qu’authentique et rare relique d’un saint, et qui a fait halte, mémorable, à Mulhouse, de son vivant ; flécher la relique, c’est valoriser Mulhouse, grâce à son église St-Etienne, sanctuaire privilégié de dévotion !

   5) Cela est demandé à l’actuel curé en charge de la paroisse, depuis peu après son arrivée il y a deux ans. Or, rien n’est fait… Comme c’est regrettable, et d’ailleurs incompréhensible !

   6) Illustrations : nous avons pris deux clichés, pour rendre compte ci-dessous de la nouvelle situation sur place : q) une vue d’ensemble vitrail-fauteuil, tableau, complétée par  r) un zoom sur la célèbre main tendue du pape, d’ailleurs confirmée par son actuel successeur François, en 2014, sur le même site. fsz   

   7) Rédigé le 20-10-23 ; matériel protégé par le droit d’auteur (loi française du du 11 mars 1957).

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