e II – Les Polonais et le Travail
Asca-foot-Grassegert 100 ans, les dirigeants remarquables :
L’entraîneur René Hébinger,
le coéquipier d’un 1er ministre…
1) Il y a une sorte particulière de dirigeants dont nous n’avons pas encore parlé, à l’occasion de cette année 2025 centenaire de l’Asca-foot, et qui sont pourtant parmi les plus déterminants, ce sont les entraîneurs, sans lesquels les équipes ne seraient que des corps sans têtes, pas vrai ? Il y en a eu un ptit paquet, en un siècle, plus ou moins durables, ou éphémères… Des anciens joueurs du club, comme Louis Boni ou Zbigniew Opala. Des anciens joueurs du club, devenus joueurs professionnels, comme Jojo Marciniak ou Alain Zemb. Et ceux qui avant d’entraîner l’équipe première n’avaient aucun lien avec l’Asca, comme Gerber, ou René Hébinger.
Ballon rond…
2) Allez, un ptit zoom sur ce dernier. Préciser un peu son profil sera de notre part rendre symboliquement hommage à tous ses collègues en une fois.
3) René Charles Hébinger est né le 22 juin 1921 à Bourtzwiller. Il est décédé à Mulhouse à 87 ans, le 19 août 2008.
4) Jeune, il est d’abord joueur à Mulhouse, au FCM, de 46 à 49, puis de 50 à 51 ; en 49-50, il fait une incursion en Suisse, au FC Bâle. Il est de taille moyenne, 1,72 m, et opère comme attaquant.
5) Son haut fait d’armes footballistique est d’avoir joué un match entier, perdu 1 à 0, contre la Grande-Bretagne, dans l’équipe de France olympique, aux Jeux de début août 1948, à Londres, tout justement.
6) On le voit entraîner l’Asca dès le début des années 60, soit pendant la période où l’équipe-fanion est la plus solide et la plus valeureuse.
mais aussi raquette !
7) La caractéristique d’Hébinger est qu’il s’illustre à un très haut niveau dans une seconde discipline sportive, le tennis. En cette matière, son fait d’armes le plus brillant demeure qu’il aura joué en double avec, comme on disait, « un baron du gaullisme », Jacques Chaban-Delmas (1915-2000), premier ministre, de 1969 à 72, et aussi prestigieux président de l’Assemblée nationale dès 1958, lequel Chaban s’est souvent distingué à Roland Garros, de 1960 à 70, dans le tournoi des vétérans, et a pratiqué lui aussi d’abord un sport collectif, le rugby à 15.
8) La légende, qui a facilement tendance à embellir et grossir les choses, veut qu’il ait été question, pour les deux coéquipiers, d’équipe de France… Légende pour légende, autant qu’elle soit dorée, pas vrai ? Ce qui est plus sûr, c’est que le grand Jacques appréciait vraiment notre René, comme copain…
Pour un quart d’heure avec toi…
9) J’ai personnellement eu plusieurs contacts, associatifs, avec Hébinger, non pas au titre de l’Asca, mais, de l’autre côté de la rue de Reiningue, comme administrateur et animateur de la MJC, ou Maison des Jeunes et de la Culture.
10) Au début des années 70, le tennis attire beaucoup d’aspirants sportifs, surtout des féminines, d’ailleurs, ou des couples, des gens plus branchés par une discipline individuelle que par un sport collectif. Disons le : il a alors été sport d’embourgeoisement, de promotion sociale, de chic mondain en tenue blancheur Persil (marque de lessive). La MJC de Wittelsheim, en principe vouée à l’éducation populaire, propose cette activité à ses membres, animée par Hébinger. Vu ses références tennistiques, il est très-très demandé, provoque un sacré engouement. Au gymnase du Centre (partie de l’ancien CEG, où se sont tenues aussi les premières expositions de peinture), il accordait, une fois par semaine, des séances d’entraînement de…1 quart d’heure. Oui, seulement. Nous avions à gérer son planning, il y a eu souvent des goulots d’étranglement, des listes d’attente, pour avoir l’honneur d’échanger quelques balles, et quelques mots, avec le maître, le coatch, presque le gourou ! Le prestige d’Hébinger a été grand, à Wittelsheim, et aux larges environs. Evidemment, les séances n’étaient pas gratuites, les élèves payaient une forte cotisation, au-delà de la carte de membre annuelle. Déjà se posait ainsi l’épineux problème du bénévolat réel de certains animateurs, bénévolat qui, officiellement, était, à l’origine, un des idéaux de l’institution…
11) Bref, quand je repense comme il était difficile de satisfaire toutes les demandes pour s’entraîner avec Hébinger, qui n’était pas tous les jours commode, mais ordinairement autoritaire et exigeant, comme il pouvait se le permettre, j’ai trouvé que le meilleur coup de chapeau à lui rendre, car ça a quand même été une grande chance pour Wittelsheim de pouvoir compter sur les services d’un Hébinger, ce serait de réécouter, à titre de boutade, de parodie, le tube emblématique du chanteur Michel Delpech « Pour un flirt ». J’en reprends les premières paroles : « Pour un flirt avec toi, Je ferais n’importe quoi…Je serais prêt(e) à tout, Pour un simple rendez-vous », et ainsi de suite… Je me permets juste de changer un peu le texte ; à la place de « Pour un flirt avec toi », je mettrais : « Pour 1 quart d’heure avec toi ! » Allez : chantons tous ensemble ! Et à gorges déployées !
12) En guise d’illustration : photo de l’équipe première 1962-63 de l’Asca, avec Hébinger debout, en haut, premier à droite, en survêtement foncé ; un détail du cliché est repris pour notre sommaire (doc Marcel Pfleger, debout, le second à gauche, avec moustache, svp !, amical merci à lui).
13) Fait le dimanche 07-12-25, par fsz (Si mon grand-père maternel Félix, de la cité Grassegert ! comme l’Asca ! avait vécu, il aurait eu aujourd’hui 125 ans !) ; matériel protégé par le droit d’auteur (loi française du 11 mars 1957).